Selon les dernières données publiées par l’INSEE en mai 2025, les Algériens constituent la première communauté immigrée en France. Cette position est confirmée par une estimation fondée sur les chiffres du recensement de la population pour l’année 2023.
Ces données démographiques offrent un éclairage détaillé sur l’ampleur de la présence algérienne sur le territoire français. Dans son rapport intitulé "L'essentiel sur... les immigrés et les étrangers", l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) indique que la France comptait, en 2023, environ 7,3 millions d’immigrés, soit 10,7 % de la population totale. Parmi eux, 12,2 % sont originaires d’Algérie, ce qui représente environ 890'600 personnes. Ce chiffre prend en compte uniquement les personnes nées en Algérie, qu’elles soient en situation régulière ou non, et qu’elles aient acquis ou non la nationalité française.
L’estimation repose sur la définition statistique de l’immigré, qui désigne toute personne née étrangère à l’étranger et résidant en France. À ce titre, ne sont pas inclus les enfants d’immigrés nés en France ni les personnes d’origine algérienne nées dans d’autres pays. Le chiffre de 890'600 ne reflète donc pas l’ensemble de la population française d’origine algérienne.
Immigration Europe : le nombre de premiers titres de séjour atteint un niveau inédit
Une communauté numériquement dominante
En 2023, les Algériens représentent la part la plus importante des immigrés en France, devant les Marocains (11,7 %) et les Portugais (7,9 %). Cette hiérarchie démographique reflète les logiques historiques de mobilité entre les deux rives de la Méditerranée et confirme la place centrale de l’Algérie dans les dynamiques migratoires françaises.
Ces chiffres confirment également que la France demeure, encore aujourd’hui, le principal pays d’accueil pour les ressortissants algériens vivant à l’étranger. Ce phénomène s’explique par une combinaison de facteurs historiques, géographiques et administratifs, ainsi que par la densité des liens humains entre les deux pays.
Une structure migratoire historiquement ancrée
La présence algérienne en France s’inscrit dans un cadre historique ancien, lié notamment à la période coloniale, à la guerre d’indépendance et aux accords bilatéraux signés après 1962. Cette migration s’est consolidée au fil des décennies par des mécanismes de regroupement familial, de naturalisation et de résidence permanente.
En 2023, environ 2,5 millions d’immigrés en France, soit 34 % du total, ont acquis la nationalité française. Ce processus concerne également une partie des Algériens, ce qui réduit leur visibilité dans les statistiques sur les étrangers tout en maintenant leur comptabilisation parmi les immigrés.
Des flux migratoires encore actifs
Les mouvements migratoires depuis l’Algérie vers la France restent constants. En 2022, sur les 331'000 immigrés entrés en France, 6,4 % étaient originaires d’Algérie, soit près de 21'200 personnes. Ce flux s’est inscrit dans un contexte de reprise post-pandémique et dans une conjoncture internationale marquée par d’autres mouvements plus récents, notamment depuis l’Ukraine.
Malgré cette concurrence, les ressortissants algériens continuent d’arriver en nombre régulier, soutenus par un solde migratoire positif. Les données indiquent qu’à long terme, pour trois Algériens qui s’installent en France, un seul en repart.
Une implication dans l’économie nationale
La population algérienne participe activement aux principaux secteurs d’activité en France. Elle est largement représentée dans l’industrie, la construction, les transports, la santé et les services publics. Cette répartition traduit un enracinement ancien et une intégration progressive dans le tissu économique national.
Les générations suivantes, bien que nées sur le sol français, maintiennent souvent des liens familiaux, culturels et économiques avec l’Algérie. Ces relations bilatérales se manifestent à travers les échanges commerciaux, les transferts de fonds, les voyages fréquents et les structures associatives.
Immigration Renouvellement d’un titre de séjour : ce que change la décision des Sages
