La France demande à l'Algérie d'accueillir un ancien terroriste

La situation entourant Boualem Bensaïd, l’un des auteurs des attentats meurtriers de 1995 en France, met une nouvelle fois à l’épreuve les relations diplomatiques entre la France et l’Algérie. Condamné à la perpétuité pour avoir orchestré une série d’attentats, Bensaïd pourrait être libéré sous condition d’expulsion vers son pays d’origine, l’Algérie. Paris attend désormais de ce dernier qu’il accepte l'expulsion de son ressortissant.

Boualem Bensaïd, âgé de 57 ans, a été reconnu coupable des attentats de 1995, dont l'explosion dans le RER B à la station Saint-Michel, à Paris, qui a causé la mort de huit personnes et blessé 150 autres. Membre du Groupe islamique armé (GIA), Bensaïd est considéré comme le coordinateur de cette vague d'attentats qui ont frappé la France en réponse au soutien présumé de la France au régime algérien durant la guerre civile algérienne.

Condamné à la perpétuité, il a purgé plus de 20 ans de prison, et la cour d'appel de Paris a récemment autorisé sa libération sous condition d'expulsion vers l’Algérie. Cependant, cette expulsion dépend de l'accord des autorités algériennes, qui n'ont, jusqu'à présent, pas donné leur feu vert.

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La crise diplomatique entre Paris et Alger

Les relations diplomatiques entre la France et l’Algérie connaissent une période particulièrement tendue. Depuis un an, les deux pays sont en désaccord sur plusieurs questions, notamment l’expulsion de ressortissants algériens présents en France. Paris a régulièrement exprimé son mécontentement face au refus d'Alger de reprendre ses citoyens condamnés.

Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, a insisté le 1er août 2025 sur la nécessité pour l’Algérie de respecter ses engagements. Dans une interview à Franceinfo, il a affirmé : « Je souhaite vivement que l’Algérie accepte de reprendre Boualem Bensaïd, c’est une obligation inscrite dans les règles qui régissent notre relation. » Le ministre a ajouté que la situation actuelle mettait les relations entre les deux pays « au point mort », en raison du blocage sur les expulsions.

Le rôle de l'Algérie dans la libération de Bensaïd

La libération de Boualem Bensaïd dépend directement de la coopération de l’Algérie. Le processus d’expulsion nécessite la signature d’un laissez-passer consulaire par les autorités algériennes, mais jusqu’à présent, Alger n'a pas autorisé cette procédure. Depuis plusieurs mois, l’Algérie rejette systématiquement les demandes d’expulsion de ressortissants algériens figurant sur les listes de la France, ce qui aggrave la tension entre les deux pays.

L’Algérie, qui accuse souvent la France d’ingérence dans ses affaires intérieures, considère que ces expulsions sont une forme de pression injustifiée. Le refus de reprendre Boualem Bensaïd pourrait ainsi s’inscrire dans un contexte plus large de relations complexes et parfois conflictuelles.

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La position des autorités françaises

Du côté français, la question de la libération de Bensaïd est perçue comme un enjeu de coopération entre les deux pays. Jean-Noël Barrot a affirmé que l’Algérie devrait « montrer son sens des responsabilités » en acceptant son ressortissant. La France considère que cette situation découle d’un manquement aux obligations de l’Algérie en matière d’expulsion de criminels, et cette situation bloque des aspects importants des relations bilatérales, notamment dans les domaines migratoire et judiciaire.

Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a, quant à lui, insisté sur la politique de fermeté de la France face à l’Algérie concernant ces expulsions, soulignant que 120 autres personnes inscrites sur les listes d'expulsion n'avaient pas été acceptées par Alger.


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