France-Algérie : appel commun de l’archevêque d’Alger et du recteur de la Grande Mosquée de Paris

Dans un contexte diplomatique marqué par de fortes tensions entre la France et l’Algérie, l’archevêque d’Alger, Jean-Paul Vesco, et le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, ont publié un appel commun en faveur de l’apaisement. Par cette initiative, les deux responsables religieux souhaitent rappeler que les relations humaines ne doivent pas être affectées par les crispations entre États.

Dans une tribune publiée dans le quotidien français Le Monde, ils affirment que seule la fraternité peut constituer une base solide pour l’avenir. Tous deux insistent sur la dimension spirituelle et personnelle de leur engagement, affirmant que leur double appartenance franco-algérienne est un élément fondateur de leur démarche. Ils appellent à dépasser les divisions politiques pour préserver les liens historiques et humains entre les deux peuples.

Algérie - France : nous sommes des frères

« Face à la grave crise qui obscurcit aujourd’hui les relations entre la France et l’Algérie, nous, recteur de la Grande Mosquée de Paris et archevêque d’Alger, ressentons le besoin de dire haut et fort, en notre nom propre et dans l’humilité de nos responsabilités, ce qui nous unit : nous sommes des frères », déclarent d'emblée les deux Franco-Algériens dans leur texte.

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Les auteurs de cet appel dénoncent également les conséquences concrètes des tensions actuelles. Ils évoquent les répercussions directes sur les citoyens algériens et franco-algériens, notamment à travers les restrictions de visas, les retards administratifs ou les discours stigmatisants. Ils estiment que ces mesures alimentent un climat délétère et creusent davantage la fracture entre les deux sociétés.

 

Les visas et titres de séjour, mais aussi la mémoire...

Au-delà des préoccupations immédiates, l’appel soulève la question de la mémoire. Selon eux, les blessures du passé n’ont pas été apaisées par des gestes ou des paroles de réconciliation. Ils considèrent qu’une reconnaissance sincère, sans volonté d’humilier l’autre, pourrait ouvrir la voie à une relation plus équilibrée et respectueuse. À ce titre, ils citent Nelson Mandela, rappelant que la réconciliation n’est pas synonyme d’oubli, mais qu’elle suppose de ne pas rester prisonnier du passé.

Enfin, Vesco et Hafiz mettent en garde contre la tentation de réduire la relation franco-algérienne à un affrontement politique ou identitaire. Ils appellent à ne pas instrumentaliser cette relation à des fins électorales. Leur message se veut un rappel : la coexistence est possible, fondée sur le respect mutuel, la reconnaissance des différences et une volonté commune d’avancer.

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Pour les deux signataires, la relation entre l’Algérie et la France ne peut se construire que dans un climat de confiance, de responsabilité partagée et de dialogue sincère. A moins de deux années de l'élection présidentielle de 2027, Bruno Retailleau et l'extrême droite vont-ils entendre cet appel à la sagesse ?


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