Voici le nombre d'étrangers sans papiers en France

En France, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a dévoilé une estimation du nombre d'étrangers sans papiers présents sur le territoire. Cette annonce intervient alors que s'intensifient les débats sur la politique migratoire et les dispositifs de contrôle aux frontières.

Lors de son passage ce mercredi 22 octobre sur Europe 1/CNews, Laurent Nuñez a estimé à 700 000 le nombre d’étrangers en situation irrégulière en France. Il a précisé qu’il s’agissait d’une estimation fondée notamment sur les données liées à l’Aide médicale d’État (AME), un dispositif réservé aux personnes sans titre de séjour. Ce chiffre représente une hausse importante par rapport à la fourchette de 200 000 à 300 000 évoquée deux jours plus tôt sur LCI.

Face à cette évolution, le ministre a déclaré : « Dans mon esprit, les choses sont très claires : 700 000 clandestins en France, c’est une estimation », ajoutant qu’une fourchette comprise entre 600 000 et 900 000 lui paraissait également cohérente. Cette déclaration répondait aux critiques formulées par Jordan Bardella, président du Rassemblement national, qui avait dénoncé le refus du ministre de fournir un chiffre clair lors de son intervention précédente.

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Polémiques sur l'estimation des sans-papiers en France

La communication de cette estimation intervient dans un contexte de forte pression politique. Plusieurs responsables de l’opposition demandent des chiffres précis sur l’immigration irrégulière. Laurent Nuñez a expliqué son hésitation initiale par la crainte d’instrumentalisation politique, indiquant qu’il ne souhaitait pas « nourrir la polémique » avec une donnée insuffisamment étayée.

Le ministre a néanmoins insisté sur sa volonté de transparence, affirmant que l’action de l’État se poursuit en matière de contrôle, de régularisation et d’éloignement. « Nous ne sommes pas les bras ballants sur ces sujets », a-t-il déclaré, en réponse aux accusations d’inaction. Il a également rappelé que ces estimations doivent être interprétées avec prudence, en raison de la nature partielle des données disponibles.

Refus de certains termes et cadrage du débat

Interrogé sur un éventuel lien entre immigration irrégulière et délinquance, Laurent Nuñez a refusé d’établir une corrélation directe. « Nous avons bien des étrangers en situation irrégulière qui commettent un certain nombre de délits. Mais je suis ministre de l’Intérieur, je lutte contre des délinquants, pas contre des catégories de population », a-t-il expliqué. Il a ainsi souhaité dissocier les faits de toute lecture stigmatisante.

Le ministre a également justifié son refus d’employer certains termes tels que « submersion migratoire » ou « assimilation ». Selon lui, ces expressions peuvent alimenter des représentations négatives ou discriminatoires. « Il y a des mots que je n’emploie pas, car ils peuvent blesser une partie de nos compatriotes, notamment ceux d’origine étrangère parfaitement intégrés », a-t-il affirmé.

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Laurent Nuñez a replacé cette estimation dans un cadre européen, en évoquant un défi migratoire lié aux crises économiques, aux conflits géopolitiques et aux effets du changement climatique. Il a souligné la nécessité de renforcer la coopération avec l’Union européenne afin de mieux contrôler les frontières extérieures et d’améliorer l’efficacité des procédures d’éloignement.


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