Sécurité alimentaire : la grande ambition de l'Algérie

Le gouvernement algérien affiche une ambition claire : garantir la sécurité alimentaire d’un pays qui comptera 65 millions d’habitants dans les prochaines années. À l’occasion de la conférence nationale sur la modernisation du secteur agricole, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Yacine Oualid, a présenté les fondements d’une stratégie qui repose sur la technologie, la durabilité et une mobilisation des ressources encore sous-exploitées.

Organisée à Alger, la conférence a réuni experts nationaux et internationaux, représentants gouvernementaux, et acteurs du secteur agricole autour d’un objectif partagé : refonder l’agriculture algérienne pour en faire un levier de souveraineté alimentaire. Le ministre a mis en avant une série de priorités techniques : intégration des technologies numériques, gestion modernisée du foncier agricole, développement des biotechnologies, et optimisation de la ressource en eau.

À ce titre, le secteur mise sur l’utilisation de l’intelligence artificielle, de la cartographie satellitaire et de la dronique pour suivre l’évolution des cultures et améliorer les rendements. Un système d’information unifié est également en cours de développement pour renforcer la fiabilité des données agricoles.

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Algérie : un potentiel sous-utilisé

Le diagnostic présenté par Yacine Oualid met en évidence un écart de rendement important : la productivité moyenne des cultures céréalières est actuellement de 18 quintaux par hectare, contre plus de 35 dans des pays au climat similaire. Le taux de recours aux systèmes d’irrigation modernes reste limité à 15 %, tandis qu'une grande partie des ressources hydriques reste inexploitée.

L’Algérie ne cultive activement que 3,6 % de son territoire, soit 8,5 millions d’hectares. Pourtant, les capacités inexploitées dans le Sahara, les Hauts Plateaux et les zones pastorales représentent un véritable levier d’extension des surfaces agricoles. Le ministre évoque un million d’hectares mobilisables dans le sud pour les cultures stratégiques, ainsi que 20 millions d’hectares exploitables pour le pâturage et les fourrages.

Vers un modèle agricole résilient

L’État entend investir massivement dans l’agriculture saharienne, développer la production sous énergie solaire, améliorer les chaînes de froid et généraliser l’usage de semences améliorées. Ces transformations doivent répondre aux défis du changement climatique et permettre de bâtir un modèle résilient, à même de réduire les importations et d’accroître les exportations agroalimentaires.

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En parallèle, un conseil scientifique national pour la sécurité alimentaire a été installé. Il regroupe 34 chercheurs et enseignants qui auront pour mission d’accompagner la stratégie agricole nationale sur des bases scientifiques.

Avec cette nouvelle feuille de route, l’Algérie espère se positionner comme acteur régional majeur dans le domaine agricole et garantir à ses citoyens un approvisionnement stable et autonome en produits alimentaires.


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