L'Algérie rejette les tentatives de relancer les exportations de gaz via le Maroc

L'Algérie a fermement rejeté les tentatives récurrentes visant à relancer les exportations de gaz naturel vers l'Espagne en utilisant le gazoduc Maghreb Europe (GME), qui traverse le territoire du Maroc. Cette décision, qui fait suite à des tensions diplomatiques croissantes entre les deux pays, souligne la persistance de la crise politique entourant l'attitude de la monarchie marocaine vis-à-vis de son voisin de l'est et met en lumière l'impact de cette situation sur les relations énergétiques régionales.

Le gazoduc maghrébin, long de 1300 kilomètres, a été un outil clé de l'approvisionnement énergétique de l'Europe, permettant à l'Algérie de fournir du gaz naturel à l'Espagne tout en faisant transiter une partie du gaz vers le Maroc. Cependant, en octobre 2021, suite à l’expiration d’un contrat de 25 ans entre Alger et Rabat, l’Algérie a décidé de ne pas renouveler cet accord. Ce choix est survenu dans un contexte diplomatique tendu, marqué par la rupture des relations entre les deux pays, le pays accusant son voisin de l'ouest d'actes hostiles.

Depuis lors, l'Algérie a cessé d’acheminer du gaz via ce pipeline, une décision qui a perturbé les échanges énergétiques entre elle, le Maroc et l'Espagne. Le rejet de toute tentative de réouverture de ce gazoduc met en évidence la dimension géopolitique de la question, qui va bien au-delà des simples considérations économiques.

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Les propositions ignorées par Alger

Malgré la cessation du flux de gaz, des tentatives ont été faites par l’Espagne et d’autres partenaires européens pour convaincre l’Algérie de rouvrir le gazoduc maghrébin, notamment en évoquant l’idée d’une relance des exportations pour diversifier les routes de transit du gaz algérien vers l’Europe. Selon certaines sources diplomatiques qui se sont confiées au site spécialisé Attaqa, ces discussions incluaient même des propositions visant à conditionner cette relance à un apaisement des tensions politiques entre l'Algérie et le Maroc, dans l’espoir d’une normalisation des relations bilatérales.

Cependant, Alger est restée inflexible et a qualifié ces propositions de « tentatives vaines ». Le gouvernement algérien a clairement indiqué que ce dossier était clos tant que la question des relations diplomatiques demeurait non résolue. Cette position se reflète dans la communication officielle de l’Algérie, soulignant que la coopération énergétique avec le Maroc était inenvisageable tant que les différends diplomatiques subsistaient.

Une alternative pour le Maroc

De son côté, le Maroc a dû trouver des alternatives pour compenser l'arrêt des livraisons directes de gaz algérien. Le pays a intensifié ses achats de gaz naturel liquéfié (GNL) sur le marché international, notamment auprès de fournisseurs russes et autres, et a signé un accord avec la compagnie Shell en 2023 pour importer 500 millions de mètres cubes de GNL par an. Cependant, ces approvisionnements restent plus coûteux que le gaz transité par le GME, un facteur important pour un pays qui cherche à maîtriser ses coûts énergétiques.

Le rejet par l'Algérie d’une relance des exportations de gaz via le Maroc laisse planer une incertitude sur l’avenir des relations énergétiques dans la région. La question du gaz algérien est désormais inextricablement liée à la politique régionale, et il semble peu probable que des progrès notables soient réalisés tant que les tensions diplomatiques entre l’Algérie et le Maroc ne seront pas apaisées.

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