Un échange tendu sur les réseaux sociaux a opposé Éric Zemmour, président du parti Reconquête, à l’imam Ismaïl, autour de l’histoire de la guerre d’Algérie et de l’indépendance du pays. Tout est parti d’un message publié sur X (ex-Twitter), qui a rapidement donné lieu à un débat d’ampleur mêlant histoire, politique et mémoire coloniale. Les déclarations de Zemmour ont suscité de nombreuses réactions, notamment après qu’il a affirmé que l’Algérie ne s’était pas libérée, mais qu’elle avait reçu son indépendance de la main de Charles de Gaulle.
Selon Le Figaro, l’échange a été déclenché par un message publié par Sarah Knafo, eurodéputée Reconquête, le 31 octobre 2025. Elle y comparait les relations entre la France et l’Algérie à un divorce non consommé : « On a divorcé avec l’Algérie en 1962. Mais la France a eu la garde des enfants… et continue de verser une pension alimentaire. Il faut divorcer pour de bon ! »
Ce message a été perçu comme insultant par l’imam Ismaïl, une figure connue sur les réseaux sociaux. Il a dénoncé une « obsession pour les Arabes » et a rappelé que l’Algérie ne s’était pas séparée de la France dans le cadre d’un contrat, mais qu’elle s’était libérée après 132 ans d’occupation, de pillages et de massacres. L’imam a également rappelé que la guerre d’Algérie avait été officiellement reconnue comme un conflit armé par la République française.
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La réponse controversée d’Éric Zemmour sur la guerre d’Algérie
Dans une publication postée quelques heures plus tard, Éric Zemmour a soutenu que « ce n’est pas l’ALN qui a libéré l’Algérie, c’est de Gaulle qui a donné l’indépendance ». Il a affirmé que l’Algérie n’avait pas été arrachée par la lutte mais cédée par décision politique. Selon lui, la France n’a pas pillé l’Algérie, mais y a « assaini des marécages » et « apporté la civilisation ».
Ces déclarations ont immédiatement provoqué une vague de critiques, notamment sur les réseaux sociaux. Plusieurs historiens ont rappelé le rôle des luttes armées, les accords d’Évian de mars 1962, et les centaines de milliers de victimes du conflit. L'imam Ismaïl a répondu en dénonçant une « malhonnêteté historique » et en rappelant que le processus d’indépendance avait été le résultat d’un rapport de force, et non d’un simple transfert de souveraineté.
Une controverse alimentée par des enjeux identitaires
Éric Zemmour a poursuivi ses déclarations en assimilant certains immigrés non assimilés à de nouveaux « colonisateurs », en réaction aux propos de l’imam sur la double appartenance franco-algérienne. Ce dernier a conclu son message par une formule devenue virale : « N’est pas Algérien qui veut, monsieur Zemmour. Même né en Algérie, vous ne le serez jamais. Et moi, né en France, je suis franco-algérien. »
Monsieur l’imam,
Votre commentaire dit beaucoup sur votre ignorance historique et votre esprit de revanche.
L’Algérie ne s’est pas « libérée » de la France : c’est de Gaulle qui a donné l’indépendance à l’Algérie, « parce qu’il ne voulait pas que son village devienne… https://t.co/fIgUOtdLUw
— Eric Zemmour (@ZemmourEric) November 2, 2025
Ces échanges ont été largement relayés, notamment dans le contexte des commémorations du 1er novembre 1954, date du début de la guerre d’indépendance algérienne. Les propos de Zemmour ont également relancé le débat sur l'usage politique de l’histoire coloniale dans le discours public français, alors que le sujet reste sensible dans plusieurs segments de la population, notamment chez les Français d’origine algérienne.
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