ExxonMobil, Chevron, Occidental : comment le retour des géants américains replace l'Algérie sur la carte énergétique mondiale

Le secteur énergétique algérien connaît une nouvelle dynamique marquée par le retour de grandes compagnies pétrolières américaines. Des entreprises telles que ExxonMobil, Chevron et Occidental relancent leurs activités dans le pays à la suite de réformes structurelles et d’accords conclus ces dernières années. Ce mouvement s’inscrit dans un contexte d’évolution des priorités énergétiques mondiales, de tensions sur l’offre et de redéfinition des partenariats industriels.

L’année 2024 a marqué une étape significative avec la signature de plusieurs accords entre la société nationale Sonatrach et des compagnies américaines. Le 23 mai 2024, un accord de principe a été conclu avec ExxonMobil, portant sur un partenariat couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur pétrolière, avec un accent particulier sur les ressources des bassins d’Ahnet et de Gourara, identifiés comme zones à fort potentiel.

Le 13 juin 2024, Sonatrach a également signé une lettre d’intention avec Chevron pour évaluer des projets dans les bassins d’Ahnet et de Berkine. Cet accord prévoit la mise en place d’une plateforme de concertation axée sur le transfert de technologies et le respect des standards environnementaux. Une réunion s’est tenue à Alger le 30 octobre 2025 entre le PDG de Sonatrach, Noureddine Daoudi, et une délégation de Chevron conduite par Frank Mount, pour faire le point sur l’avancement de ce partenariat.

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Un intérêt renouvelé pour les bassins onshore et offshore algériens

En complément des projets terrestres, une convention a été signée en janvier 2025 avec l’Agence nationale du pétrole pour réaliser une étude géologique approfondie sur les zones marines du plateau continental algérien. Cette étude, prévue sur 24 mois, porte sur des zones encore peu explorées de la façade méditerranéenne.

Occidental Petroleum, de son côté, s’intéresse particulièrement aux technologies de captage et de stockage du carbone. La société a engagé des discussions avec les autorités algériennes afin d’évaluer des projets combinant ces technologies avec les opérations existantes. L’objectif est d’exploiter les ressources non conventionnelles tout en répondant aux exigences environnementales croissantes des marchés d’exportation, notamment européens.

La place de l’Algérie dans l’évolution du marché mondial de l’énergie

Le retour de ces compagnies s’inscrit dans un contexte de reconfiguration des flux énergétiques mondiaux, notamment depuis la guerre en Ukraine, qui a poussé plusieurs pays européens à diversifier leurs sources d’approvisionnement. L’Algérie, déjà fournisseur de gaz vers l’Europe, cherche à renforcer sa position d’exportateur fiable.

Ce repositionnement suppose l’apport d’investissements étrangers, de technologies avancées et d’un accès à l’innovation, que ces entreprises sont en mesure de fournir. Le partenariat avec ExxonMobil, première compagnie mondiale du secteur, offre des perspectives d’intégration dans des chaînes globales d’exploration et de production.

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La complémentarité entre les capacités nationales et l’expertise américaine permet d’élaborer des projets répondant aux exigences du marché international, notamment en matière de gouvernance environnementale et sociale.

Des conditions de mise en œuvre à surveiller

La réussite de ces accords repose sur plusieurs conditions : la stabilité du cadre juridique et fiscal, la disponibilité d’infrastructures adaptées, notamment dans les zones côtières, et le renforcement des compétences locales. Les autorités algériennes ont intégré des programmes de transfert de connaissances dans les protocoles d’accord signés avec les partenaires étrangers.

Les contrats prévoient également une cohérence avec la stratégie nationale de l’énergie, afin d’assurer un équilibre entre ouverture aux capitaux étrangers et préservation des intérêts économiques nationaux.

Le retour d’acteurs comme Chevron ou Occidental reflète une évaluation technique et économique favorable du potentiel algérien dans un contexte global marqué par la raréfaction des ressources accessibles. Ces projets pourraient, à moyen terme, accroître les réserves exploitables, améliorer la productivité et diversifier les débouchés, notamment dans les secteurs de la pétrochimie et du gaz naturel liquéfié (GNL).

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