Étudiants étrangers en France : Ce que disent vraiment les chiffres

Le débat autour des étudiants étrangers en France est souvent alimenté par des chiffres et des affirmations concernant leur taux de réussite et le coût de leur présence dans le pays. Ces informations, parfois partiellement vérifiées ou sorties de leur contexte, nécessitent une clarification factuelle.

Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a récemment affirmé que le taux d’échec des étudiants étrangers en France serait de 75%. Cette estimation repose sur les données relatives aux étudiants en licence, avec un focus particulier sur ceux originaires du Maghreb. Selon ces données, le taux de réussite des étudiants maghrébins en licence après trois ans est de 24,6%. Toutefois, cette statistique ne reflète pas l'ensemble du parcours universitaire des étudiants étrangers en France, mais se concentre uniquement sur ceux inscrits en licence.

Il est important de noter que le taux de réussite des étudiants étrangers varie avec le temps. Ainsi, après quatre ans, le taux de réussite des étudiants maghrébins grimpe à 37,5%. De plus, les étudiants d’Afrique subsaharienne enregistrent un taux de réussite de 40,1% après la même durée d'études. Ces chiffres sont supérieurs à ceux observés chez les étudiants français pour le même niveau d’études. Ces données sont issues du ministère de l’Enseignement supérieur et montrent que, bien que les taux de réussite en licence soient relativement faibles dans un premier temps, ils augmentent au fur et à mesure des années d’études.

Immigration Sans-papiers en France : une régularisation massive proposée par le PS avant la présidentielle

Le coût de l'immigration étudiante

Le coût de l'immigration étudiante en France a également été évoqué par Marion Maréchal et Jordan Bardella. Selon eux, l’immigration étudiante coûterait environ 1 milliard d’euros par an. Ce chiffre provient d’un rapport de la Cour des comptes, qui a estimé le coût net des étudiants étrangers en France. Toutefois, il convient de préciser que ce rapport ne prend pas en compte les bénéfices économiques générés par ces étudiants, tels que leur contribution à la recherche ou à l’économie locale.

Le rapport de la Cour des comptes souligne également que le coût de l’accueil des étudiants étrangers représente une part faible des dépenses publiques totales dans l’enseignement supérieur. De plus, ces coûts sont largement compensés par les gains à long terme, comme la hausse des investissements en recherche ou la contribution des étudiants à la croissance économique locale.

Étudiants internationaux et Erasmus+

Les programmes d'échange, tels qu'Erasmus+, sont également souvent cités dans les débats sur les étudiants étrangers en France. Jordan Bardella a notamment évoqué l'extension d'Erasmus+ aux pays du Maghreb, mais cette mesure ne fait pas partie des actions actuelles du programme.

Bien que l’Union Européenne continue de promouvoir des échanges d’étudiants à travers Erasmus+, l'extension vers les pays du Maghreb n’est pas une réalité dans le cadre de ce programme pour l'instant. Il est donc nécessaire de prendre en compte les faits disponibles avant de tirer des conclusions sur les éventuels changements à venir dans ce domaine.

Immigration Régularisation des sans-papiers en France : ce qu’il faut faire avant le 31 décembre 2026

 


Vous aimez cet article ? Partagez !