L’Algérie affirme ses ambitions de leadership en matière de souveraineté sanitaire en Afrique. À travers une stratégie industrielle renforcée, une volonté politique affichée et des infrastructures solides, le pays entend jouer un rôle pivot dans la production pharmaceutique sur le continent.
Du 27 au 29 novembre 2025, Alger a accueilli la Conférence ministérielle africaine sur la production locale du médicament et des technologies de santé. Organisé sous l’égide de l’Union africaine et en partenariat avec l’Organisation mondiale de la santé, cet événement a réuni les représentants de 15 pays. Le point d’orgue de la rencontre fut l’adoption de la « Déclaration d’Alger », jetant les bases d’un plan d’action africain pour la période 2025-2030. Ce texte insiste sur la coopération interafricaine et l’ancrage de la production locale comme pilier stratégique.
Un secteur pharmaceutique en pleine expansion
Avec 218 à 230 usines pharmaceutiques, l’Algérie concentre à elle seule plus de 30 % des capacités industrielles du continent. Le pays couvre aujourd’hui environ 80 % de ses besoins en médicaments grâce à sa production nationale. Le ministère de l’Industrie pharmaceutique, créé en 2020, a impulsé cette dynamique en facilitant les investissements, en modernisant le cadre réglementaire et en renforçant la surveillance de la qualité.
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Cette politique a permis à l’Algérie de se positionner comme un acteur de référence dans la fabrication de médicaments génériques, de vaccins et d’équipements de santé. Le vaccin antigrippal, produit localement en partenariat avec un laboratoire américain, couvre désormais l’ensemble des besoins nationaux.
Algérie : vers une certification internationale et l’exportation continentale
L’Algérie est en passe d’obtenir la certification NM3 de l’OMS, un gage de conformité aux standards internationaux. Ce label permettrait aux laboratoires algériens d’exporter plus facilement vers d’autres pays africains. Déjà sollicitée par plusieurs États du continent, l’Algérie ambitionne de devenir un hub pharmaceutique régional, capable de répondre aux besoins croissants de ses partenaires.
La stratégie d’exportation s’accompagne d’une volonté de réduire la dépendance aux matières premières importées, qui représentent encore 98 % des besoins du secteur. Des projets de relocalisation de la fabrication des principes actifs sont en cours, notamment pour les antibiotiques et les traitements d’urgence.
Un modèle de coopération sud-sud
Pour les autorités algériennes, la souveraineté sanitaire africaine passe par une addition des souverainetés nationales. Le pays met ainsi son expertise industrielle, ses compétences humaines et ses infrastructures à la disposition des autres États africains. Dans une logique de coopération sud-sud, l’expérience algérienne est présentée comme un modèle reproductible, adapté aux réalités économiques du continent.
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L’Algérie entend ainsi conjuguer développement industriel, sécurité sanitaire et diplomatie régionale, en misant sur un secteur stratégique devenu levier d’influence.
