Les autorités algériennes ont démantelé une organisation frauduleuse qui détournait l’allocation touristique de 750 euros. Ce réseau, structuré, recrutait spécifiquement des personnes au chômage pour percevoir indûment ce droit de change. Des agences de voyages et des filières clandestines ont été identifiées comme complices de ce système.
L’enquête a révélé un mode opératoire reposant sur des passages répétés à la frontière algéro-tunisienne. Les individus recrutés étaient escortés pour effectuer des allers-retours rapides. Ils entraient en Tunisie pour y faire tamponner leur passeport, puis regagnaient immédiatement l’Algérie sans respecter la durée légale de séjour, avant de répéter l’opération.
Ce procédé permettait de générer frauduleusement le droit à l’allocation touristique à chaque franchissement de frontière. L’organisation ciblait délibérément des bénéficiaires de l’allocation chômage, tirant parti de leur vulnérabilité économique et de leur méconnaissance des règles administratives pour les enrôler.
Près de 100 000 cas suspects détectés
Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a dévoilé l’affaire devant l’Assemblée populaire nationale (APN) le dimanche 15 décembre. Il a présenté des données issues d’une évaluation conjointe avec les autorités tunisiennes. Près de 100 000 cas suspects ont été détectés sur une période de six semaines.
Ces chiffres, qualifiés de préoccupants par le ministre, illustrent l’ampleur du détournement de fonds publics. Il a souligné que cet argent ne profitait « ni à l’économie algérienne ni à l’économie tunisienne », mais alimentait exclusivement le réseau frauduleux.
La réponse institutionnelle et les poursuites
Dans un communiqué publié mercredi 17 décembre, l’Agence nationale de l’emploi (ANEM) a annoncé le lancement de poursuites judiciaires contre toutes les personnes impliquées. Cette action inclut les bénéficiaires de l’allocation chômage ayant servi d’intermédiaires au réseau. L’objectif est de protéger les deniers publics et de garantir que l’aide sociale atteigne ses véritables destinataires.
Faits-divers Mariage refusé en France : un couple franco-algérien se marie en Algérie
Les agences de voyages identifiées comme complices font également l’objet de procédures. Les autorités algériennes et tunisiennes ont renforcé leur coopération pour surveiller les points de passage frontaliers et prévenir toute récidive.
Les conséquences et les mesures correctives
Le préjudice pour les finances publiques est significatif, chaque allocation détournée représentant une perte de 750 euros. Au-delà de l’aspect financier, ce système sapait un dispositif conçu pour favoriser le tourisme et la mobilité.
Des mesures correctives ont été mises en place pour sécuriser le processus d’attribution et de contrôle de l’allocation. Les autorités rappellent que toute manipulation de cette aide est passible de sanctions pénales conformes à la législation en vigueur, avec des amendes et des peines pouvant aller jusqu’à l’emprisonnement.
