Les exportations algériennes de jus et boissons vers l’Europe ont officiellement repris, notamment en direction de la France. Après plus d’une année d’arrêt liée à des contraintes réglementaires, les producteurs relancent progressivement leurs expéditions. Cette reprise intervient dans un contexte de réorganisation industrielle et d’adaptation aux normes européennes.
L’annonce a été faite par Ali Hamani, président de l’Association algérienne des producteurs de boissons. Dans une déclaration accordée au média arabophone Echorouk, il a confirmé que « les expéditions ont officiellement repris vers plusieurs marchés, notamment la France et l’Espagne ».
Selon le responsable, l’arrêt des exportations était dû à une exigence réglementaire imposée par Union européenne depuis janvier 2025. La réglementation prévoit l’intégration obligatoire de 25 % de plastique recyclé dans les bouteilles destinées à l’exportation vers les pays membres. Cette mesure environnementale a entraîné une suspension temporaire des flux commerciaux pendant plus d’un an.
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Une incompatibilité entre les normes algériennes et européennes
La difficulté provenait d’un décalage entre les réglementations. En effet, la législation algérienne n’autorise pas l’utilisation de bouteilles contenant du plastique recyclé pour les produits destinés au marché local. Les producteurs se sont ainsi retrouvés face à une incompatibilité entre les normes nationales et européennes, bloquant les exportations malgré l’existence d’une demande sur certains marchés.
Pour reprendre les expéditions, les opérateurs ont élaboré une solution technique et juridique. Ils produisent désormais des emballages conformes aux standards européens exclusivement pour l’exportation, tout en conservant les conditionnements autorisés pour la distribution sur le marché local. Cette adaptation permet de respecter les exigences des deux cadres réglementaires.
La France et l’Espagne parmi les premières destinations
La reprise concerne en priorité la France et l’Espagne, deux destinations historiques pour les boissons algériennes. D’après l’Association algérienne des producteurs de boissons, des discussions sont également en cours pour étendre les expéditions à d’autres pays européens.
Le secteur dispose d’une capacité de production nationale estimée à 4,7 milliards de litres par an. L’association regroupe 49 producteurs, représentant environ 90 % de la production totale. Par ailleurs, près de 1 700 opérateurs sont inscrits au registre du commerce, dont un nombre important de petites et moyennes entreprises actives dans la fabrication et la distribution de boissons.
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Des exportations en baisse en 2024 avant la reprise
Les exportations de boissons ont atteint 28 millions de dollars l’an dernier, contre 38 millions de dollars auparavant. Cette baisse est directement liée à la suspension des expéditions vers l’Europe. La reprise vers la France et l’Espagne pourrait permettre un redressement progressif des ventes à l’international.
Dans un contexte où le commerce extérieur algérien hors hydrocarbures reste sous pression, certains acteurs affichent des objectifs d’expansion. C’est le cas du groupe Ifri, qui prévoit de renforcer sa présence à l’étranger. Selon les déclarations relayées par l’association, l’objectif est de « dépasser progressivement ces niveaux en consolidant la présence en Europe et en ouvrant de nouveaux débouchés ».
