Algérie-Suisse : Attaf a-t-il évoqué à Berne la récupération des fonds détournés ?

La récente visite en Suisse de Ahmed Attaf, ministre algérien des Affaires étrangères, a mis en lumière la volonté de renforcer les relations bilatérales entre les deux pays, mais aussi de discuter de dossiers sensibles, dont celui de la récupération des fonds détournés par les anciennes élites au pouvoir en Algérie.

Bien que les communiqués officiels n’aient pas mis en avant cette question de manière explicite, plusieurs indices laissent penser que la question des avoirs illégalement transférés à l’étranger a été abordée en filigrane, et ce, dans différentes rencontres du chef de la diplomatie algérienne.

Un contexte propice à la discussion

Lors de sa visite, Attaf a multiplié les rencontres de haut niveau avec des responsables suisses, dont le conseiller fédéral Ignazio Cassis, chef du Département fédéral des Affaires étrangères. L’objectif principal de ces discussions était de renforcer la coopération bilatérale, notamment dans les domaines politique et économique. Cependant, un sujet récurrent dans les échanges entre l’Algérie et la Suisse, qui n’a cessé de revenir sur la scène internationale ces dernières années, est la restitution des fonds détournés par les membres de l’ancienne équipe qui a dirigé l'Algérie sous la président de Abdelaziz Bouteflika.

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Les autorités algériennes ont régulièrement mis en avant leur détermination à récupérer les avoirs illégalement transférés à l'étranger, en particulier ceux qui ont été déposés dans des banques suisses. Lors de la visite de Beat Jans, le ministre suisse de la Justice, à Alger en 2023, les deux pays avaient exprimé leur engagement à coopérer dans ce domaine, tout en insistant sur la nécessité de suivre les procédures judiciaires adéquates. Un point qui, selon de nombreuses sources, aurait continué à être un thème central lors des discussions de Attaf à Berne.

La coopération suisse et les procédures juridiques

La position de la Suisse est claire : elle est prête à collaborer, mais dans un cadre juridique strict, conditionnant la restitution des fonds à des décisions judiciaires définitives prouvant l'origine criminelle des fonds concernés. La Suisse a d'ailleurs réaffirmé son engagement à restituer les avoirs illégalement transférés, à condition que l’Algérie fournisse les documents et décisions nécessaires pour prouver leur origine criminelle.

Lors de ses échanges avec les autorités suisses, Attaf a souligné les progrès réalisés par l’Algérie dans la lutte contre la corruption, avec des récupérations déjà effectuées à l’intérieur du pays, estimées à plus de 30 milliards de dollars. Ces résultats, obtenus à travers des saisies de biens immobiliers et industriels, témoignent de la volonté du gouvernement algérien de rétablir l'équilibre économique et d’assainir les finances publiques.

Une coopération renforcée pour l’avenir

Au-delà de la question des fonds détournés, cette visite a permis de poser les bases d'une coopération plus forte entre les deux pays. Des initiatives conjointes ont été évoquées dans divers domaines, notamment l’échange d’informations en matière judiciaire et l’intensification des échanges commerciaux.

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Si la question de la restitution des fonds détournés n’a pas été la priorité officielle des discussions, elle demeure un axe fondamental dans les relations entre l'Algérie et la Suisse. Avec la volonté exprimée par les deux parties de renforcer leur coopération judiciaire, il est probable que ce dossier sera poursuivi et pourrait aboutir à des avancées concrètes dans un avenir proche.


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