OQTF : pourquoi cet Algérien a été relaxé malgré son refus de quitter la France

Le tribunal correctionnel de Niort a examiné le cas d’un homme algérien de 44 ans vivant à Thouars, dans les Deux-Sèvres. Il était poursuivi pour ne pas avoir respecté une obligation de quitter le territoire français (OQTF), décidée par la préfecture des Deux-Sèvres. À l’issue de l’audience, les juges ont prononcé sa relaxe.

À la barre, l’homme a pris la parole brièvement. « Je veux rester ici, en France, pour vivre avec ma famille, travailler », a-t-il déclaré. Il a aussi mentionné la situation de ses parents, âgés de 80 et 75 ans, pour expliquer son attachement à sa vie actuelle.

Deux décisions administratives en même temps

Dans ce dossier, la situation reposait sur la coexistence de deux mesures. La première était l’OQTF, qui impose à une personne étrangère de quitter le territoire français dans un délai fixé par l’administration. Cette décision avait été prise par la préfecture des Deux-Sèvres.

Faits-divers Trafic de visas à Alger : trois nouveaux employés du consulat d’Espagne mis en cause

La seconde mesure était une assignation à résidence. Concrètement, cela signifie que l’homme devait rester à une adresse précise et respecter des obligations de présence. Ce type de dispositif est souvent utilisé pour encadrer une personne dans l’attente de l’exécution d’une mesure d’éloignement. Ce point a été central dans les échanges devant le tribunal correctionnel de Niort, réuni en formation collégiale.

Une défense centrée sur une impossibilité concrète

L’avocat de l’homme a mis en avant un problème simple dans les faits. Selon lui, son client ne pouvait pas être considéré comme en infraction, car il était tenu de rester à son domicile au moment même où il était censé quitter la France.

Autrement dit, il se retrouvait dans une situation où deux obligations se superposaient sans pouvoir être appliquées en même temps. Quitter le territoire implique de pouvoir se déplacer librement. Or, l’assignation à résidence limite précisément ces déplacements.

L’avocat a donc soutenu que cette contradiction rendait impossible l’exécution de l’OQTF dans les conditions normales. Cet argument a été examiné par les magistrats au regard des textes en vigueur.

Faits-divers Sous assignation à résidence, un influenceur algérien arrêté en France

Une décision liée à l’application du droit

Après avoir étudié le dossier, le tribunal correctionnel de Niort a suivi ce raisonnement. Les juges ont estimé que, dans cette situation précise, l’infraction n’était pas constituée. L’homme ne pouvait pas être sanctionné pour ne pas avoir quitté le territoire alors qu’il était soumis à une mesure qui encadrait strictement ses déplacements.

Le dossier a également fait apparaître que cet Algérien ne disposait pas de casier judiciaire. Aucun autre élément n’a été retenu contre lui dans cette affaire. La décision rendue repose sur l’analyse des faits et des règles applicables. Elle tient compte du cadre administratif dans lequel se trouvait l’intéressé au moment des faits examinés.


Vous aimez cet article ? Partagez !