Blockchain et IA en Algérie : le dinar numérique pour transformer les paiements

En Algérie, la question du dinar numérique revient régulièrement dans les discussions liées à la réforme du système bancaire. Le sujet est désormais associé à d’autres technologies comme la blockchain et l’intelligence artificielle, qui commencent à occuper une place dans les réflexions sur la modernisation des services financiers.

L’idée générale est de faire évoluer les moyens de paiement vers des solutions entièrement numériques, sous contrôle de la Banque d’Algérie. Cette orientation s’inscrit dans un contexte où les transactions électroniques prennent déjà de l’ampleur, notamment dans les paiements à distance et les services bancaires en ligne.

Un dinar numérique encadré par la Banque d’Algérie

Le dinar numérique correspond à une version électronique de la monnaie nationale. Il ne s’agit pas d’une cryptomonnaie comme le Bitcoin, mais d’une monnaie digitale centralisée, émise par la Banque d’Algérie.

Économie L’Algérie lance un nouvel appel d’offres pour acheter du blé

Dans les discussions autour du projet, il est souvent précisé que cette monnaie resterait entièrement sous contrôle de l’État. Elle serait utilisée dans les paiements quotidiens, les transferts bancaires et certaines opérations interbancaires.

Le projet est lié aux réformes du système monétaire et bancaire. Le texte de loi en préparation prévoit d’introduire une forme numérique du dinar dans le cadre légal, avec la Banque d’Algérie comme institution responsable de sa gestion.

Dans ce schéma, le but est aussi de mieux suivre les flux financiers et de réduire la dépendance au cash dans certaines opérations. Les banques, de leur côté, travaillent déjà sur la digitalisation de plusieurs services.

La blockchain comme outil de sécurité des transactions

La blockchain est souvent présentée comme une technologie capable de sécuriser les échanges financiers. Elle fonctionne comme un registre numérique où chaque transaction est enregistrée de manière permanente et vérifiable.

Économie Euro-dinar : nouvelle hausse sur le marché parallèle

Selon Djallal Bouabdallah, expert en transformation digitale, cité dans un dossier d'Echorouk cette technologie pourrait améliorer la transparence des opérations bancaires et limiter certains risques liés à la manipulation des données. Il insiste sur la nécessité d’un cadre réglementaire clair pour encadrer son utilisation dans le secteur financier.

Au-delà des banques, la blockchain est aussi évoquée pour d’autres usages. Elle peut servir à gérer des identités numériques, sécuriser des documents administratifs ou encore automatiser certains contrats. Mais dans le cas du système bancaire algérien, son rôle principal reste lié à la traçabilité des opérations et à la sécurisation des échanges de données.

L’intelligence artificielle dans les services bancaires

L’intelligence artificielle est un autre élément souvent associé au dinar numérique. Elle est utilisée pour analyser les données, détecter des anomalies et automatiser certaines tâches dans les banques. Dans les faits, les systèmes d’IA peuvent repérer des opérations suspectes, signaler des tentatives de fraude ou encore aider à mieux comprendre le comportement des clients.

Pour Younes Kerrar, expert en technologies de l’information et de la communication, l’intelligence artificielle permet aux banques de mieux exploiter les données disponibles. Elle sert aussi à améliorer la qualité des services proposés et à rendre certaines opérations plus rapides.

Économie Algérie-Italie : les échanges commerciaux grimpent à 6,78 milliards d'euros en six mois

Dans les projets en cours, l’IA est souvent présentée comme un outil de soutien aux décisions bancaires, notamment dans la gestion des risques et l’organisation interne des établissements financiers.

Les infrastructures techniques au centre du projet

Le développement du dinar numérique dépend fortement des infrastructures techniques. Les centres de données, les réseaux de télécommunication et les systèmes de stockage jouent un rôle essentiel dans la gestion des opérations financières.

Pour Hatem Hsaini, expert en informatique, la réussite de la transformation numérique repose sur la qualité des infrastructures. Il évoque notamment les centres de données et l’importance d’un réseau de communication performant.

La technologie 5G est également citée dans les discussions. Elle devrait permettre des échanges de données plus rapides et une meilleure connectivité entre les institutions financières. Cela pourrait faciliter les paiements en temps réel et les services bancaires à distance.

Économie Automobile en Algérie : Geely va fabriquer des voitures hybrides

Le cadre juridique autour des monnaies numériques

En Algérie, l’utilisation des cryptomonnaies est interdite. Cette interdiction concerne les opérations d’achat, de vente ou de détention de monnaies virtuelles comme le Bitcoin.

Selon Ibrahim Behlouli, avocat agréé auprès de la Cour suprême, cette réglementation vise à encadrer les risques liés aux monnaies non contrôlées par l’État. Il rappelle que les autorités restent prudentes face aux fluctuations et aux usages potentiels de ces actifs numériques.

Il précise aussi que la blockchain peut être utilisée sans recourir aux cryptomonnaies. Elle peut servir dans la gestion des contrats, la certification des documents ou encore la traçabilité des opérations administratives. Le cadre juridique lié à la protection des données personnelles est également pris en compte. Les lois sur la cybersécurité et les communications électroniques encadrent le traitement des données financières dans les institutions publiques et privées.

Les banques et la digitalisation progressive

Les banques algériennes utilisent déjà des outils numériques pour une partie de leurs services. Les paiements électroniques, les applications mobiles et les transferts à distance font partie des usages en développement. Le dinar numérique s’inscrit dans cette évolution. Il pourrait permettre de simplifier certaines opérations et de réduire les délais de traitement.

Économie Gaz : l'Algérie reste premier fournisseur de l'Espagne

Pour Rachid Belaid, délégué général de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers, la blockchain peut servir de base technique pour le futur système monétaire numérique. Il insiste sur la nécessité de former les équipes bancaires aux nouvelles technologies.

Dans plusieurs pays, la blockchain est déjà utilisée pour accélérer les transactions financières et améliorer la transparence. En Algérie, son intégration reste progressive et dépend des ajustements techniques et réglementaires.

Données, sécurité et gestion des risques

Avec l’introduction de nouvelles technologies, la question des données devient centrale. Les systèmes basés sur la blockchain et l’intelligence artificielle traitent un volume important d’informations financières.

Pour Samir Bourhil, président de la Autorité nationale de protection des données à caractère personnel, ces technologies modifient les méthodes de traitement des données dans le secteur financier. Il souligne leur capacité à automatiser certaines opérations et à réduire les erreurs humaines.

Économie Marché noir des devises : l'euro repart à la hausse face au dinar algérien

Le cadre réglementaire actuel inclut des règles sur la protection des données et la cybersécurité. Ces règles s’appliquent aux institutions financières et aux opérateurs numériques.

Le développement du dinar numérique, associé à la blockchain et à l’intelligence artificielle, s’inscrit dans une évolution plus large du système financier algérien. Les banques continuent d’adapter leurs services aux usages numériques. Les opérations de paiement, les transferts et la gestion des comptes sont de plus en plus réalisés via des plateformes digitales.


Vous aimez cet article ? Partagez !