La différence entre cryptomonnaie et monnaie numérique en Algérie

Le Docteur Abderrahmane Mebtoul a soulevé, dans deux écrits envoyés à notre rédaction, l'importance de la monnaie numérique dans le développement économique de l'Algérie. Dans ce résumé qui se veut fidèle aux textes de cet expert en économie, nous allons explorer les différences fondamentales entre les cryptomonnaies et la monnaie numérique telle qu'émise par les banques centrales, ainsi que l'impact de cette dernière sur les réserves de change de l'Algérie. Alors que les cryptomonnaies continuent d'être controversées, de nombreux gouvernements sont en train de mettre en place des réglementations pour encadrer cette forme innovante de monnaie.

Cryptomonnaies et monnaie numérique : Quelles différences ?

Alors que les cryptomonnaies sont des actifs numériques virtuels reposant sur la technologie de la blockchain et ne dépendant d'aucune autorité centrale d'émission ou de régulation, la monnaie numérique est une valeur monétaire stockée sous forme électronique et émise directement par la banque centrale. Elle peut être utilisée par les banques commerciales et le grand public, soit sous forme stockée sur un support physique comme une carte ou un téléphone mobile, soit via un compte en ligne.

Il convient de mentionner que les cryptomonnaies sont souvent critiquées pour leur volatilité et leur utilisation dans des transactions potentiellement malhonnêtes. En raison de ces préoccupations, de nombreux pays ont interdit ou restreint l'utilisation de ces monnaies, tandis que d'autres élaborent des réglementations pour encadrer leur utilisation. En revanche, la monnaie numérique de banque centrale est perçue comme une alternative sûre et garantie par une autorité centrale, offrant aux utilisateurs un choix et accompagnant l'évolution des comportements de paiement.

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L'Algérie veut créer un dinar numérique

L'introduction de la monnaie numérique en Algérie1 a été décidée par le gouvernement afin de moderniser les méthodes de paiement dans le pays. La Banque d'Algérie est chargée de l'émission, de la gestion et du contrôle de cette monnaie, qui sera connue sous le nom de dinar numérique algérien. Il est important de noter que la monnaie numérique de banque centrale ne doit pas être confondue avec les cryptomonnaies, qui sont des actifs numériques virtuels qui reposent sur la technologie de la blockchain et qui ne sont pas réglementés par une autorité centrale.

La monnaie numérique de banque centrale peut être utilisée de deux manières : une monnaie centrale dite « interbancaire », qui serait utilisée exclusivement par la banque centrale et les banques commerciales pour les transactions financières entre elles, et une monnaie centrale dite « de détail », qui serait utilisable par le grand public. L'objectif de cette dernière forme de monnaie numérique n'est pas de remplacer les pièces et les billets, mais plutôt de proposer une alternative et de suivre l'évolution des comportements de paiement.

L'un des principaux défis de l'introduction de la monnaie numérique en Algérie sera de garantir la confiance tant des opérateurs que du public, ainsi que de moderniser le système financier du pays. Il est également important de prendre en compte les verrous technologiques qui pourraient entraver son adoption massive, telles que les questions de normalisation, d'interopérabilité, de vitesse de traitement et de scalabilité.

L'impact de la monnaie numérique sur les réserves de change de l'Algérie

L'Algérie est un pays en développement qui a connu une croissance économique importante grâce à ses ressources naturelles, notamment ses hydrocarbures. Cependant, cette croissance a été largement dépendante de l'évolution des cours de ces matières premières sur les marchés internationaux, ce qui a rendu l'économie du pays vulnérable aux fluctuations du marché.

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L'introduction de la monnaie numérique en Algérie pourrait avoir un impact significatif sur les réserves de change du pays. En effet, cette monnaie numérique publique, émise et garantie par une banque centrale, pourrait offrir une alternative crédible aux matières premières traditionnelles comme valeur refuge. Elle pourrait également contribuer à diversifier les sources de revenus du pays et à améliorer sa stabilité financière en atténuant la dépendance aux hydrocarbures.

Cependant, pour que l'introduction de la monnaie numérique soit un succès en Algérie, il faudra que le gouvernement et la Banque d'Algérie mettent en place des mesures pour assurer la confiance des citoyens et des opérateurs financiers dans cette nouvelle monnaie. Il faudra également que le système financier du pays soit entièrement repensé et adapté aux nouvelles technologies pour pouvoir gérer efficacement la monnaie numérique. Enfin, il faudra lever les verrous technologiques qui peuvent encore freiner l'adoption massive de la monnaie numérique. En fin de compte, l'impact de la monnaie numérique sur les réserves de change de l'Algérie dépendra de la confiance des opérateurs et du public dans cette monnaie, ainsi que de la réussite de son adoption à grande échelle.

Monnaie numérique en Algérie : Quelle conclusion en tirer ?

La monnaie numérique est un sujet complexe qui suscite de nombreux débats et questions. Selon le Docteur Abderrahmane Mebtoul, il est important de distinguer la monnaie numérique de banque centrale, qui est émise et gérée par une autorité centrale telle que la banque centrale, des cryptomonnaies, qui sont des actifs virtuels reposant sur la technologie blockchain et qui ne sont pas émis par une autorité centrale.

En ce qui concerne l'Algérie, il est intéressant de se pencher sur l'impact du « dinar numérique » sur les réserves de change du pays. Les réserves de change sont une richesse virtuelle qui peut être transformée en richesses réelles à travers une bonne gestion et une bonne gouvernance. Cependant, il est important de noter que la richesse d'un pays ne dépend pas uniquement de ses réserves de change, mais plutôt de sa capacité à créer de la valeur ajoutée grâce au travail et à l'intelligence de ses citoyens. Les expériences historiques montrent clairement qu'il n'existe pas de corrélation entre la richesse d'un pays et le niveau de ses réserves de change.

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En introduisant la monnaie numérique en Algérie, le gouvernement tient là une occasion de moderniser le système financier et de proposer une alternative à la monnaie fiduciaire. Cependant, il est important de tenir compte des verrous technologiques qui peuvent freiner son adoption massive, ainsi que des incertitudes juridiques et réglementaires liées à cette nouvelle forme de monnaie. En fin de compte, le succès de la monnaie numérique dépendra de la confiance tant des opérateurs que des citoyens.


  1. La Banque d’Algérie va lancer le « dinar numérique algérien » 


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