L'Espagne a remis aux autorités algériennes cinq adolescents harraga qui avaient rallié Ibiza à bord d'un bateau volé en septembre 2025. L'opération de rapatriement s'est déroulée le vendredi 2 mai 2026. Cette affaire, devenue virale sur les réseaux sociaux, connaît ainsi un dénouement partiel puisque deux des sept mineurs du groupe initial ne sont pas concernés par ce retour.
Le 3 septembre 2025, sept adolescents algériens âgés de 14 à 17 ans quittent la localité de Tamentfoust, située à l'est d'Alger, à bord d'un bateau de plaisance de type Geisa Naval Open 550 dérobé quelques heures plus tôt. Sans encadrement adulte et avec un équipement rudimentaire, ils entreprennent de parcourir près de 300 kilomètres en Méditerranée pour rallier Ibiza. La traversée vers l'Espagne dure environ neuf à dix heures et se déroule avec des pannes mécaniques que les mineurs affirment avoir résolues seuls en mer.
Téléphones à la main, les adolescents documentent leur périple presque en temps réel sur TikTok et Instagram. Les vidéos les montrent en train de danser au rythme de la musique, de rire et de lancer des slogans. L'un d'eux déclare face caméra : « Nous, on est des hommes, mes frères », tandis que d'autres reprennent des chansons évoquant les harraga. L'embarcation accoste en fin d'après-midi sur la plage d'en Bossa. En short, t-shirt et claquettes, les sept mineurs se filment à nouveau, le sourire aux lèvres, pour immortaliser leur arrivée. Ils sont rapidement pris en charge par les autorités espagnoles et placés au Centre de Menores Padre Morey.
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Un rapatriement par vol spécial depuis l'aéroport d'Ibiza
Huit mois après cette arrivée en Espagne, cinq des sept mineurs ont été rapatriés le vendredi 2 mai 2026. L'opération a été menée par l'Unité centrale des rapatriements de la Police nationale espagnole dans le plus grand secret. Un vol spécial de la compagnie Air Nostrum a été affrété par la police depuis l'aéroport d'Ibiza à destination d'Alger.
Deux des sept mineurs ne figurent pas dans ce rapatriement. Selon les informations rapportées par El Confidencial, l'un d'eux s'est enfui en France, où il dispose d'attaches familiales, peu avant le déclenchement de l'opération. Le second a atteint la majorité légale entre-temps et a refusé de retourner auprès de sa famille.
Le ministre algérien de l'Intérieur, Saïd Sayoud, avait indiqué à la presse que les autorités espagnoles avaient reçu tous les rapports requis pour que la justice et le Conseil insulaire d'Ibiza donnent leur accord au retour des mineurs. Les services de protection de l'enfance de l'île avaient également mené des entretiens par visioconférence avec les parents, qui ont formellement demandé le retour de leurs enfants.
Une affaire au cœur des tensions migratoires entre l'Espagne et l'Algérie
Le sort des sept mineurs d'Ibiza (Espagne) a pesé sur les relations bilatérales pendant plusieurs mois. Le ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, s'est rendu à Alger à la fin du mois d'octobre 2025 pour trouver une issue au dossier. Le message qu'il a transmis à son homologue Saïd Sayoud était que l'Espagne ne ménagerait pas ses efforts pour restituer les mineurs, tout en attendant en retour un contrôle renforcé de l'émigration irrégulière depuis les côtes algériennes vers les Baléares.
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En 2025, plus de 9500 ressortissants algériens sont arrivés en Espagne par voie maritime, soit trois fois plus que les arrivées marocaines. Il faut ajouter à ce chiffre environ 4000 autres migrants, majoritairement subsahariens, partis également des côtes algériennes pour débarquer principalement aux Baléares. Depuis le début de l'année 2026 et jusqu'à la mi-avril, 1318 personnes sans papiers ont atteint l'archipel, soit une hausse de 19,4 % par rapport à la même période de 2025, selon les données du ministère espagnol de l'Intérieur.
