France-Algérie : Macron plaide pour une relation « apaisée, constructive et respectueuse des deux côtés »

Le président français Emmanuel Macron s'est exprimé dimanche 10 mai 2026 sur les relations entre Paris et Alger. Lors d'une conférence de presse au Kenya, il a plaidé pour une reprise du dialogue après des mois de tensions. Ses propos interviennent au lendemain du déplacement d'une ministre française en Algérie.

Le vendredi 8 mai, la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, s'est rendue à Sétif pour assister à la commémoration des massacres du 8 mai 1945. Elle était accompagnée de Stéphane Romatet, qui effectuait son retour en Algérie après plus d'un an d'absence suite à son rappel par Paris. Cette présence conjointe à une cérémonie mémorielle a été présentée comme un geste d'apaisement.

Le samedi 9 mai, Alice Rufo a été reçue par le président algérien Abdelmadjid Tebboune. Elle s'est également entretenue avec le ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, Saïd Chanegriha, et avec le chef d'état-major de l'armée algérienne. Ces entretiens ont porté sur les questions de coopération bilatérale et de sécurité régionale.

Politique Maroc : ce que l’on sait des tensions rapportées autour du palais de Mohammed VI

Les déclarations d'Emmanuel Macron depuis Nairobi

En déplacement à Nairobi pour le sommet Africa Forward, Emmanuel Macron a tenu une conférence de presse ce dimanche 10 mai. Il s'est félicité du déplacement d'Alice Rufo en Algérie. Le président français a déclaré : « Je me félicite du déplacement de la ministre déléguée aux Armées, qui était un geste important sur le plan mémoriel. »

Emmanuel Macron a réaffirmé son devoir de défendre les intérêts des Français. Il a précisé que cet intérêt commande de « retrouver une relation apaisée, constructive avec l'Algérie ». Le chef de l'État a ajouté : « Cette relation doit être respectueuse des deux côtés mais elle doit permettre d'apporter des solutions sur tous les sujets. »

La critique des postures de politique intérieure

Le président français a déploré que « les derniers mois aient causé beaucoup de tort et à l'Algérie et à la France ». Il a notamment évoqué certaines postures de politique intérieure qui auraient, selon lui, fragilisé le dialogue bilatéral. Ces propos font allusion à l'opposition du courant extrémiste en France à tout rapprochement avec Alger.

Emmanuel Macron a insisté : « Ce n'est pas notre intérêt de poursuivre cette solution et d'avoir quelques postures de politique intérieure. » Il a plaidé pour une approche pragmatique, au service des intérêts des deux pays. Le président a évoqué la nécessité de trouver des solutions humanitaires, migratoires, sécuritaires, économiques et régionales.

Politique L’Algérie participe à un exercice naval dirigé par les États-Unis en Méditerranée

Les perspectives de reprise du dialogue bilatéral

Les relations entre la France et l'Algérie ont traversé plusieurs crises ces derniers mois. Les questions migratoires, sécuritaires et mémorielles ont alimenté les tensions entre Paris et Alger. L'absence d'ambassadeur français en poste pendant plus d'un an symbolisait la dégradation de la relation bilatérale.

Le retour de Stéphane Romatet et sa présence à Sétif marquent une volonté de normalisation. Emmanuel Macron a conclu ses propos en exprimant son espoir : « J'espère donc que c'est le début d'une progression, on a déjà eu des premiers signaux, et d'une reprise qui se fera dans le respect des deux côtés, dans l'estime et dans la volonté de servir nos peuples. »


Vous aimez cet article ? Partagez !