Faux passeport à l’aéroport d’Alger : un voyageur arrêté avant son départ vers l’Allemagne

Un voyageur qui s’apprêtait à quitter l’Algérie pour rejoindre l’Allemagne a été arrêté à l’aéroport international d’Alger avec des documents falsifiés. L’affaire, désormais entre les mains de la justice, implique également un policier de l’aéroport soupçonné d’avoir facilité les procédures de sortie du territoire.

Le dossier révèle une tentative de départ irrégulier vers Francfort, à bord d’un vol de la compagnie Lufthansa. Les enquêteurs ont découvert un passeport portant un cachet suspect ainsi qu’une fausse carte d’identité française.

Faux passeport à l’aéroport d’Alger : le départ vers l’Allemagne stoppé avant l’embarquement

L’affaire remonte au 2 septembre 2024, aux alentours de 13 h 30, à l’aéroport international d'Alger. Un voyageur, identifié dans le dossier sous les initiales A. B. Z. Z., devait embarquer vers Francfort, en Allemagne, à bord du vol LH1319 de la compagnie allemande Lufthansa.

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Mais au moment des contrôles, les services de la Police aux frontières ont relevé plusieurs anomalies. Le passeport algérien présenté par le voyageur, délivré par la commune de Boukadir, dans la wilaya de Chlef, portait un cachet de sortie qui a éveillé les soupçons. Plus grave encore, les vérifications ont permis de constater que ce cachet ne correspondait à aucune opération enregistrée dans le système informatique de contrôle des mouvements des voyageurs.

Les policiers ont également découvert une carte d’identité française falsifiée en possession du passager. Ce second document a renforcé les soupçons autour d’une tentative de départ irrégulier préparée à l’avance. Le voyageur a alors été mis à la disposition des services spécialisés dans la lutte contre le trafic de migrants relevant de la police judiciaire de Bab Ezzouar.

Un policier de l’aéroport soupçonné d’avoir facilité le passage

L’enquête a rapidement pris une tournure plus sensible avec l’implication présumée d’un policier affecté à l’aéroport d’Alger. L’agent, identifié par les initiales D. A. H., est soupçonné d’avoir accompagné le voyageur durant les formalités et d’avoir utilisé le cachet de sortie d’un collègue pour apposer une marque officielle sur le passeport.

Selon les éléments du dossier, le cachet utilisé appartenait à un autre agent de police, présenté comme victime dans cette affaire. Le problème central tient au fait que le cachet aurait été apposé sans que les informations du passager soient introduites dans le système informatique de la Police aux frontières.

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Dans un aéroport international, cette concordance entre le cachet physique et l’enregistrement numérique est essentielle. Elle permet de confirmer qu’un voyageur a bien été contrôlé, identifié et autorisé à quitter le territoire dans les règles. L’absence d’enregistrement a donc permis de détecter l’irrégularité.

Le policier mis en cause aurait reconnu avoir apposé le cachet sur le passeport du voyageur en utilisant celui de son collègue. Il aurait toutefois nié l’existence d’un accord préalable. Selon sa version, il aurait rencontré le passager par hasard, en présence d’une connaissance prénommée Hamza, originaire de la même région. Il aurait expliqué avoir voulu l’aider parce qu’il voyageait pour la première fois.

Cette défense n’a pas empêché les enquêteurs de retenir des accusations lourdes, notamment l’exploitation de fonction, le faux et usage de faux, ainsi que la facilitation de sortie illégale du territoire.

Une fausse carte française obtenue contre 40 millions de centimes

Les déclarations du voyageur ont apporté d’autres éléments importants au dossier. Lors de son audition, il aurait affirmé avoir obtenu les documents falsifiés auprès d’un homme surnommé “El Hadj”, rencontré à Chlef. Cet intermédiaire lui aurait proposé de l’aider à obtenir une carte d’identité française contre une somme de 40 millions de centimes. Le voyageur lui aurait remis son passeport ainsi que deux photos d’identité. Dix jours plus tard, l’homme lui aurait rendu le passeport accompagné de la fausse carte française.

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Avant de disparaître, l’intermédiaire aurait supprimé les échanges échangés via WhatsApp, selon les déclarations rapportées dans le dossier. Ce détail laisse penser à une volonté d’effacer les traces numériques de la transaction.

La veille du départ, le 1er septembre 2024, le voyageur serait arrivé à l’aéroport où il aurait rencontré son voisin Hamza dans un café. Il lui aurait indiqué qu’il s’apprêtait à prendre un vol vers Francfort. Peu après, un policier en uniforme se serait rapproché de lui et lui aurait proposé de l’aider dans les formalités de sortie.

D’après les déclarations du passager, le policier lui aurait demandé son passeport, l’aurait accompagné jusqu’au guichet de contrôle, puis aurait apposé le cachet de sortie sans utiliser l’ordinateur. C’est précisément cette absence d’enregistrement informatique qui a fini par faire tomber l’opération.

Quatre personnes poursuivies

L’affaire ne concerne pas uniquement le voyageur et le policier. Au total, quatre personnes sont poursuivies dans ce dossier. Outre le passager intercepté et l’agent de police mis en cause, les investigations citent également un ancien militaire, identifié par les initiales B. A. H., ainsi qu’un commerçant résidant dans la wilaya de Chlef, identifié comme B. A. D.

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Les mis en cause doivent comparaître devant le tribunal criminel de première instance de Dar El Beïda. Les charges retenues portent notamment sur le trafic de migrants avec circonstance aggravante liée à la fonction de l’auteur, l’exploitation de fonction, le faux et usage de faux dans des documents administratifs, la tentative de sortie illégale du territoire national et la facilitation de sortie illégale du territoire.


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