Le poste-frontière Colonel Lotfi, entre l’Algérie et le Maroc, a été rouvert exceptionnellement pour permettre une nouvelle opération de rapatriement. Vingt-et-un sans-papiers marocains ont été remis aux autorités marocaines, selon l’Association marocaine d’aide aux migrants en situation vulnérable, relayée par le site marocain Yabiladi.
Il s’agit du septième groupe de ressortissants marocains rapatriés depuis le début de l’année. La plupart des personnes remises auraient purgé des peines de prison en Algérie, notamment dans le cadre de procédures liées à l’entrée ou au séjour irrégulier des étrangers. Depuis plusieurs années, les autorités algériennes font face à la présence récurrente de ressortissants marocains entrés ou installés illégalement dans le pays, souvent attirés par des opportunités de travail informel, notamment dans le bâtiment, l’agriculture ou les petits métiers urbains.
Des sans-papiers marocains présents illégalement en Algérie
Selon l’association marocaine, les personnes rapatriées se trouvaient en Algérie sans statut légal. Certaines auraient tenté de migrer, tandis que d’autres vivaient sur le territoire algérien sans documents réguliers. La plupart des personnes remises auraient purgé des peines de prison en Algérie, liées notamment à des infractions sur l’entrée ou le séjour irrégulier des étrangers. Les ressortissants concernés sont originaires de plusieurs villes marocaines, dont Oujda, Errachidia, Taza, Berkane, Fès, Essaouira, Casablanca et El Jadida.
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Vu d’Algérie, ces opérations rappellent une réalité souvent peu évoquée : malgré la fermeture de la frontière terrestre entre les deux pays, des centaines de Marocains continuent d’entrer illégalement sur le territoire algérien. Certains cherchent à rejoindre d’autres routes migratoires, mais d’autres s’installent temporairement dans des villes algériennes pour travailler, parfois sans contrat, sans couverture sociale et sans présence administrative déclarée.
Le secteur du bâtiment constitue l’un des principaux pôles d’attraction pour cette main-d’œuvre étrangère irrégulière. Ce secteur attire de nombreux travailleurs marocains, souvent en situation fragile ou clandestine, en raison notamment de la demande dans certains métiers manuels et artisanaux.
Cette présence s’explique par plusieurs facteurs : la proximité géographique, les liens familiaux ou sociaux dans les régions frontalières, mais aussi l’écart perçu entre les opportunités disponibles dans certaines zones marocaines et les possibilités de revenus en Algérie.
Une frontière fermée, mais des flux toujours actifs
Le poste frontalier Colonel Lotfi, connu côté marocain sous le nom de Zouj Beghal, reste fermé au trafic ordinaire. Son ouverture temporaire pour cette opération montre que la frontière terrestre algéro-marocaine, malgré son verrouillage politique, continue d’être traversée par des situations exceptionnels.
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Ces ouvertures exceptionnelles sont généralement réservées à des dossiers précis : rapatriement de ressortissants en situation irrégulière, remise de détenus, retour de dépouilles ou cas humanitaires. Elles nécessitent une coordination administrative, l’identification des personnes concernées et la transmission de documents permettant de confirmer leur nationalité.
