Le département américain du Commerce a décidé d’imposer un droit compensateur de 73,33 % sur les importations de fil machine en acier en provenance d’Algérie. La décision, prise vendredi 18 septembre 2026, concerne un nouveau produit sidérurgique après les mesures déjà appliquées au rond à béton local.
Cette nouvelle taxe vise notamment SPA Algerian Qatar Steel, seule entreprise algérienne examinée individuellement dans le cadre de l’enquête américaine. Le même taux a été appliqué à l’ensemble des autres exportateurs nationaux du produit concerné.
Une nouvelle mesure américaine contre la sidérurgie nationale
La procédure lancée par Washington fait suite à une enquête ouverte le 1er mai 2026 après une plainte déposée par cinq producteurs américains : Charter Steel, Commercial Metals Company, Liberty Steel USA, Nucor Corporation et Optimus Steel.
Économie Uranium : l’Algérie au cœur d’un nouveau corridor d’exportation
Selon le département américain du Commerce, le taux de 73,33 % repose sur une décision prise « fondé sur les faits disponibles, avec inférence défavorable ». L’administration américaine explique avoir retenu ce niveau de taxation en raison de l’absence de coopération de l’entreprise concernée et du gouvernement algérien pendant la procédure.
Le document publié au Federal Register sous la référence 91 FR 59107 précise que l’entreprise algérienne n’a pas fourni les informations demandées et qu’aucune vérification sur place n’a donc été réalisée. Washington indique ainsi que « le seul répondant, SPA Algerian Qatar Steel, n’ayant pas participé à l’enquête, et le gouvernement algérien n’ayant pas fourni les informations demandées, Commerce n’a procédé à aucune vérification ».
Cette décision intervient après une autre mesure visant le secteur sidérurgique algérien. Les États-Unis avaient déjà imposé une taxe antidumping de 127 % sur le rond à béton algérien.
La filière algérienne face à de nouvelles contraintes à l’export
Avec ces deux dossiers concernant des produits sidérurgiques différents, les exportateurs nationaux doivent composer avec un accès plus difficile au marché américain. La mesure sur le fil machine pourrait affecter les entreprises qui cherchent à développer leurs ventes internationales dans un contexte de concurrence forte dans l’acier.
Économie Algérie : voici le montant des devises transférées par la diaspora en 2025
L’Algérie avait pourtant enregistré plusieurs opérations d’exportation importantes dans ce domaine. Parmi elles figurent un chargement de 29 000 tonnes d’acier au port de Djen Djen ainsi qu’une opération d’expédition réalisée en 14 jours.
La procédure américaine comporte aussi une particularité liée au statut de l’Algérie vis-à-vis de l’Organisation mondiale du commerce. Le pays n’étant pas membre de l’Accord de l’OMC sur les subventions, Washington considère ne pas avoir besoin d’établir l’existence d’un préjudice matériel pour appliquer cette mesure.
La sidérurgie nationale se retrouve donc confrontée à une nouvelle barrière tarifaire sur un marché où les règles commerciales américaines prennent une place importante dans les décisions d’accès aux importations.
