Le projet d’uranium Dasa, développé au Niger par le groupe canadien Global Atomic, vient de franchir une étape majeure avec l’approbation d’un financement américain pouvant atteindre 414 millions de dollars. Mais au-delà de l’investissement, un autre enjeu stratégique se dessine : trouver une voie sûre pour exporter la production. Parmi les scénarios étudiés figure un corridor vers le nord, à travers l’Algérie et le Sahara.
L’Algérie pourrait jouer un rôle central dans la future chaîne d’exportation de l’uranium produit au Niger. Global Atomic étudie en effet des itinéraires alternatifs permettant d’acheminer la production de son projet Dasa depuis ce pays enclavé vers les marchés internationaux, dans un contexte marqué par des risques sécuritaires et logistiques croissants sur plusieurs axes régionaux.
Selon Reuters, l’une des options envisagées consisterait à investir dans une route remontant l'uranium vers le nord à travers l’Algérie et le Sahara. Il ne s’agit toutefois, à ce stade, ni d’un corridor officiellement approuvé ni d’un accord annoncé entre Alger, Niamey et l’entreprise canadienne, mais d’une possibilité étudiée pour sécuriser les futures exportations.
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Jusqu’à 414 millions de dollars de financement américain
Le projet Dasa de production d'uranium a bénéficié d’une importante avancée financière après l’approbation par l’US International Development Finance Corporation (DFC) d’un mécanisme de dette pouvant atteindre 414 millions de dollars, selon Global Atomic et Reuters.
La DFC a confirmé le 16 septembre 2026 avoir approuvé plusieurs milliards de dollars de nouveaux investissements, dont un projet lié aux minerais critiques en Afrique de l’Ouest, soit celui de l'uranium du Niger. L’institution américaine précise cependant que certaines opérations doivent encore franchir plusieurs étapes avant leur engagement définitif et leur clôture financière.
Ce soutien intervient au moment où Washington accorde une attention croissante à la sécurisation de ses approvisionnements en matières premières stratégiques, notamment celles nécessaires à l’industrie nucléaire. Le projet reste néanmoins canadien : Global Atomic est une société basée à Toronto. Dasa est exploité par SOMIDA, une structure détenue à 80 % par Global Atomic et à 20 % par l’État nigérien, selon les informations publiées par l’entreprise.
Pourquoi l’Algérie apparaît dans les plans d’exportation
Pour Global Atomic, le financement ne représente qu’une partie de l’équation. Il faut également pouvoir transporter le minerai dans des conditions économiques et sécuritaires satisfaisantes. Le Niger ne dispose d’aucun accès direct à la mer. Les producteurs doivent donc acheminer leurs marchandises sur de longues distances en traversant plusieurs pays avant d’atteindre un port maritime.
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Or, selon Reuters, la dégradation de la sécurité autour de certains corridors traditionnels pousse Global Atomic à examiner d’autres solutions. C’est dans ce contexte qu’émerge l’hypothèse d’un axe vers le nord traversant l’Algérie. Un tel itinéraire placerait potentiellement l’Algérie au centre d’une nouvelle liaison logistique entre les ressources minières du Sahel et les infrastructures méditerranéennes.
Cette perspective intervient également dans un contexte de rapprochement récent entre Alger et Niamey. Reuters relève notamment que l’Algérie a apporté une assistance au Niger durant les troubles militaires survenus durant l’été 2026, un épisode présenté comme un signe d’amélioration des relations entre les deux pays voisins.
