Un Algérien incarcéré en France pour des faits de terrorisme vit une véritable mésaventure.  Alors que son avocate avait formulé une requête en suspension de peine pour le prémunir contre le risque de contamination au coronavirus, le détenu, faute du traitement de la demande, finira par attraper le Covid-19 en prison. Il est actuellement incarcéré à la maison d’arrêt de la Santé à Paris, rapporte, mardi 5 mai, le quotidien français Le Parisien.  

Selon la même source, le prisonnier, âgé de 45 ans, a été testé positif au coronavirus le 28 avril dernier. Il a été, alors, transféré à la maison d'arrêt de la Santé à Paris, où il est soumis à un confinement sanitaire. Pourtant, quelques semaines auparavant, son avocate avait déposé une requête en suspension de peine.

En effet, le 5 avril dernier, l'avocate en charge de son dossier, Me Marie Dosé, a déposé une demande de suspension de peine, afin de sauver son client d’une mort certaine, ce dernier étant un sujet à risque face au Covid-19.

Le médecin qui s'est chargé d'examiner le détenu algérien a attesté, dans son rapport médical, qu'« il présente des pathologies chroniques qui sont des facteurs de mauvais pronostic, en cas de contamination par le Sars-Cov2. En raison de l'épidémie actuelle et de la promiscuité en milieu carcéral, son incarcération doit être suspendue ».

L'avocate dénonce la passivité de la justice

Me Marie Dosé dénonce, ainsi, la passivité judiciaire face à cette affaire. L'avocate affirme que trois semaines après le dépôt de la requête, la demande n’a pas été examinée par le juge d’application des peines.

« La contamination de mon client est la conséquence directe d'une inertie judiciaire et d'un silence des magistrats inacceptable (...) Il s'agissait uniquement de suspendre la peine d'une personne à risque qui a purgé les deux tiers de sa condamnation pour des faits perpétrés il y a plus de quinze ans. Je ne demandais même pas sa libération anticipée, mais une mesure de suspension destinée à le protéger du pire », a-t-elle fait savoir.

Il faut préciser que la condamnation du ressortissant algérien remonte à février 2004. Mis en cause dans un dossier dit de « filières tchétchènes », il est remis en liberté au mois de juillet 2004. Deux années plus tard, il fuit vers l'Algérie pendant que la justice parisienne le condamne par contumace à 4 ans de prison.

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