Un important réseau international de blanchiment d’argent vers l’Algérie a été démantelé en France. Le réseau est composé de treize personnes, dont trois femmes. Les mis en cause comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Lyon pour le blanchiment d'une somme estimée à 70 millions d’euros, indique le média français TV5 Monde, ce samedi 27 juin.

Selon la même source, les prévenus sont poursuivis pour « exercice illégal de la profession de banquier et blanchiment en bande organisée ». L’enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Rennes au mois de septembre 2017. Elle a été, ensuite, soumise au parquet de Lyon de novembre 2017 à avril 2018. Le procès des prévenus prendra fin le 2 juillet.

Ces derniers s’adonnaient au transfert illégal de fortes sommes en numéraire et en métaux précieux entre la France et l’Algérie. Les prévenus risquent une peine de 10 ans de prison. L’enquête de la police a révélé un système grâce auquel les membres du réseau effectuaient des collectes de fortes sommes en liquide, sur instruction de trois « Sarafs » (changeurs) pour le compte de donneurs d’ordres, basés en Algérie et aux Emirats.

Des collectes échangées contre des bijoux en Algérie

Les collectes se tenaient principalement à Lyon. Les individus impliqués résident à Cannes, Marseille et Strasbourg. Les sommes collectées sont acheminées aux domiciles d’autres suspects en région parisienne et à Marseille. Les collectes sont par la suite expédiées vers l’Algérie et l’Italie pour les échanger contre des bijoux en or, afin de blanchir les sommes d'argent dont la provenance est douteuse.

Plusieurs suspects ont reconnu partiellement les faits qui leur sont reprochés. Pour leur défense, ils ont avancé « la lenteur des services bancaires et le coût prohibitif du change euro/dinar algérien ». Les montants de « plus de 71 millions d’euros passés par cette filière et le mode opératoire du trafic » indiquent, selon les enquêteurs, « des sommes qui ne peuvent provenir que de différents délits tels que : le trafic de stupéfiants, le travail illégal ou la fraude fiscale ». Toutefois, ces hypothèses n’ont pas pu être confirmées par l’enquête de police.

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