L'Algérie est l'un des plus gros producteurs mondiaux de gaz naturel, et se classe en première position en Afrique avec une production estimée à 86,2 milliards de mètres cube en 2019. Le pays est de ce fait un exportateur net de gaz naturel et de gaz naturel liquéfié (GNL) qu'il exporte principalement vers l'Europe via des gazoducs le reliant, notamment à l'Espagne et à l'Italie, ainsi que par le transport par bateau du gaz naturel sous sa forme liquéfiée qu'il exporte notamment vers la France. Cette situation a fait émerger certaines idées reçues, parmi lesquelles celle qui voudrait que la France dépendrait grandement du gaz algérien pour sa consommation. Essayons donc de voir ensemble à quel point cette idée est vraie... ou non.

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En effet, le sol français étant pauvre en ressources énergétiques, ce pays dépend grandement de l'importation pour couvrir ses besoins en pétrole et en gaz naturel. Ainsi, la France dispose de plusieurs contrats à long terme avec des pays exportateurs dont l'Algérie, à laquelle elle est notamment liée par un contrat qui doit s'achever en 2024 et en vertu duquel le pays nord-africain s'engage à exporter annuellement deux millions de tonnes de gaz en direction de l'Hexagone. Outre l'Algérie,
la France importe également son gaz de pays tels que le Nigéria, le Qatar, la Russie mais aussi et surtout la Norvège. Le pays scandinave a été ainsi le premier fournisseur de la France en 2018 avec 39% des entrées brutes de gaz, contre 20% pour la Russie, 7% pour l'Algérie et le Nigéria et seulement 3% pour le Qatar. Sur un autre plan, le pétrole algérien ne représentait que 9,5% des importations de la France en 2018, contre 14,9% pour l'Arabie Saoudite, 14,3% pour la Russie ou encore 10,9% pour le Nigéria.

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Comme nous venons de le voir, l'Algérie ne représente donc qu'une infime partie des importations françaises de gaz et de pétrole, dominées principalement par des pays tels que la Norvège et la Russie pour le gaz, ou encore l'Arabie Saoudite pour le pétrole. Essayons donc de voir quels sont les principaux acheteurs du gaz algérien dans le monde.

En 2018, l'Algérie a exporté 52,4 milliards de mètres cube de gaz naturel et de gaz naturel liquéfié soit 4,2% des exportations mondiales à cette période. Le pays s'est ainsi classé en sixième position des plus gros exportateurs mondiaux de gaz derrière la Russie, le Qatar, la Norvège, les États-Unis et l'Australie. L'Algérie dispose ainsi de gazoducs la reliant notamment à l'Espagne et à l'Italie qui sont ses deux principaux clients européens. Ces gazoducs traversent également d'autres pays frontaliers tels que la Tunisie ou le Maroc qui se fournissent également en gaz naturel auprès de l'Algérie. Ainsi, le pays nord-africain a été en 2018 le principal fournisseur en gaz naturel de l'Espagne, avec 48,5% des importations espagnoles. Concernant l'Italie, elle a importé, la même année, 17,9 milliards de mètres cube de gaz depuis l'Algérie, qui a été ainsi son 2e fournisseur après la Russie au cours de cette période.

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Néanmoins, les exportations algériennes de gaz en direction de l'Europe connaissent une baisse drastique depuis 2019. Ainsi, les importations espagnoles d'hydrocarbures en provenance de l'Algérie ont baissé de 38,4%. En février 2020, le gaz algérien ne représentait que 22,6% des importations espagnoles alors que les États-Unis, qui ont obtenu 27% des parts de marché pendant la même période ont ravi à l'Algérie sa place de principal fournisseur de l'Espagne.

Concernant l'Italie, ses importations de gaz algérien se chiffraient à 3,73 milliards de mètres cube au premier semestre 2019 contre 6,48 milliards de mètres cube à la même période en 2018, soit une
baisse de 42,4%. Cette chute drastique peut s'expliquer par l'émergence de nouveaux fournisseurs tels que les Etats-Unis, pays qui a pratiquement atteint l'autosuffisance en gaz naturel, ainsi que par la volonté des clients traditionnels de l'Algérie de diversifier leurs sources d'importation.

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