Les cours de l'euro et du dollar connaissent depuis quelques jours une flambée sans précédent face au dinar au niveau du marché officiel des devises. La monnaie locale enregistre des niveaux historiquement bas et cette tendance risque de se poursuivre. Pis, le taux de change officiel des principales devises, l’euro et le dollar en l’occurrence, s’approche de plus en plus de celui du marché noir, ce qui risque de provoquer la disparition de ce dernier.

Le dinar algérien continue de perdre de sa valeur au niveau du marché officiel des devises. Jeudi 10 décembre, l’euro s'est échangé à 158,86 dinars à l’achat et à 158,90 dinars à la vente, selon les derniers chiffres de la Banque d’Algérie. Il s’agit là d’un nouveau record historique pour l’euro face à la monnaie nationale. Le dollar américain reste également sur une tendance haussière. Selon la même institution financière, la monnaie US vaut 131,45 dinars à l’achat et 131,46 dinars à la vente.

Il faut dire que les taux des principales devises étrangères sur le marché formel s'approchent de plus en plus de ceux du marché informel des devises. Ce qui laisse à penser, selon certains observateurs, que le marché noir des devises risque de disparaître dans les prochains mois.

En effet, il semblerait que le gouvernement algérien hausse délibérément les taux des devises sur le marché officiel (ce qui aura des effets dévastateurs sur le pouvoir d'achat des Algériens) jusqu'à ce qu'elles soient au niveau de ceux du marché parallèle, et ouvrir ensuite des bureaux de change officiels accessibles à tout le monde. Cela engendrerait bien évidemment la disparition de tous les marchés informels en Algérie.

« L’un des deux marchés devra disparaître tôt ou tard »

Il s'agit là d'une hypothèse parmi d'autres. Omar Berkouk, économiste et expert financier a, lui, estimé, dans une interview accordée au quotidien Liberté, que l’un des deux marchés, officiel ou parallèle, devra disparaître tôt ou tard.

« Le marché parallèle détermine les taux de change du dinar les plus proches de la réalité des performances économiques du pays. Ce ne sont pas les taux de ce marché qui sont aberrants mais ceux de la Banque centrale qui semblent attractifs mais pas accessibles librement aux opérateurs et aux citoyens », a souligné Omar Berkouk, docteur en économie. Et d'enchaîner : « Dans ce contexte de crise, l’un de ces deux marchés devra disparaître et il est difficile de dire lequel ».