La fermeture du square Port Saïd à Alger ne constituera pas une solution pour endiguer le marché parallèle de la devise en Algérie. C'est ce qu'a expliqué le ministre de l'Industrie Ferhat Aït Ali, samedi 30 janvier, lors d'une conférence organisée par l'Institut national des études de stratégie globale (INESG). 

Pour le ministre, le mal est bien plus profond et le phénomène relatif au marché noir de la devise s'est ancré dans le pays pour espérer le juguler par une simple décision de fermeture de cet espace. "Le Square n'est pas une zone à vider, c'est une logique à tarir", a indiqué en effet Ferhat Aït Ali.

Il estime que "le citoyen a besoin d'un accès à un moyen d'échange de la devise. Fermer le Square peut se faire physiquement mais la pratique ira vers d'autres lieux".

Le ministre de l'Industrie a ajouté à ce titre que "la transparence des transactions financières imposera la fin des opérations suspectes au niveau des marchés parallèles, permettant ainsi au citoyen d'accéder à la devise de manière réglementaire".

Aït Ali défend la transparence des transactions financières

Il y a quelques jours, le même ministre a affirmé que les fonds circulant sur le marché parallèle proviennent essentiellement des revenus suspects. Tenue lors d'une séance plénière du Conseil de na nation, cette déclaration avait suscité d'ailleurs un tollé chez les sénateurs. "Puisque le ministre estime que le marché parallèle est alimenté par des revenus criminels, qu'il prenne alors la décision de le fermer", avait rétorqué l'un d'eux.

Il faut dire que le square Port Saïd, d'Alger, et le phénomène du marché noir de la devise ont toujours constitué un casse-tête pour les différents gouvernements qui se sont succédé aux commandes du pays. Tous s'accordent à dire que le marché en question est contraignant pour l'économie nationale, mais aussi paradoxal que cela puisse paraître, il continue à fonctionner le plus normalement du monde.

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