En France, un homme a froidement assassiné sa femme et mère de ses trois enfants. La victime, prénommée Chahinez, une Algérienne âgée de 31 ans, a été tuée de manière atroce. Son mari récidiviste l'a brûlée vive en pleine rue dans un quartier résidentiel à Mérignac, dans la banlieue de Bordeaux. Ce qui a provoqué une grosse vague d'indignation en France mais aussi en Algérie.

Les faits ont eu lieu dans la soirée du mardi 4 mai. Il était environ 18 heures quand Mounir B., âgé de 44 ans, a poursuivi, fusil à la main, sa femme, Chahinez, dont il était séparé, dans la rue à Mérignac. Il « était porteur d’un fusil de calibre 12, d’un pistolet à gaz et d’une ceinture de cartouches », a indiqué le parquet de Bordeaux dans un communiqué relayé par plusieurs médias français.

Le mari violent n'a pas hésité à tirer des coups de feu dans les jambes de la jeune Algérienne, jusqu'à ce qu'elle tombe par terre. Voyant qu'elle n'était pas encore morte, l'agresseur a décidé de brûler sa victime en l'aspergeant d'essence avant de lui mettre le feu. Avant son coup, le quadragénaire avait mis le feu au garage du pavillon et avait brûlé plusieurs effets personnels de sa femme. « On s’est dit que c’étaient des pétards. Après, il est venu brûler la maison, il tirait n’importe où », a raconté Anne, une voisine de la victime à l’AFP.

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Déjà condamné pour des violences conjugales

Une demi-heure après le drame, les policiers de la brigade anticriminalité (BAC) ont réussi à arrêter Mounir B. dans la commune limitrophe de Pessac, avant de le placer en garde à vue. Pour sa part, le parquet de Bordeaux a ouvert une enquête sur cette affaire. Le mis en cause est poursuivi pour « homicide volontaire par conjoint » et « destruction par incendie ».

Par ailleurs, les premiers éléments de l'enquête ont révélé que ce n'est pas la première fois que l'Algérienne avait souffert des maltraitances de son mari. Le 25 juin 2020, le tribunal correctionnel de Bordeaux avait déjà condamné le mis en cause à « une peine de dix-huit mois de prison, dont neuf mois assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans (...) dans le cadre d’une comparution immédiate pour violences volontaires par conjoint », a indiqué le même parquet.

Libéré le 9 décembre 2020, « il était, depuis, suivi par le service pénitentiaire d’insertion et de probation de la Gironde ». Cette mesure « comprenait notamment une obligation de soins, l’interdiction d’entrer en contact avec la victime et l’interdiction de paraître à son domicile », ajouté la même source. Ce que n'a donc pas respecté le mari violent. En mars dernier, Chahinez s'était déplacée au commissariat de Mérignac pour se plaindre d'une énième agression de son conjoint. Mais l’intéressé, recherché par la police, était « introuvable », selon le parquet.

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Grosse vague d'indignation

La mort de la jeune Algérienne a provoqué la colère des habitants de Mérignac, à Bordeaux, mais également de tous les Français. Dans la soirée de mercredi, quelque trois cents personnes s'étaient réunies sur les lieux du drame pour rendre hommage à la victime. Des fleurs, des bougies et des petits messages ont été déposés par des amies, des voisines et des militantes.

Le maire de Mérignac a fait part de la mise en place d'une cellule psychologique pour accompagner les personnes choquées par ce « féminicide d’une violence inouïe ». Concernant les trois enfants de la victime, âgés de 3, 7 et 11 ans, qui vivaient avec leur maman, mais n'étaient pas présents lors des faits, feront, selon le parquet de Bordeaux, « l’objet d’une prise en charge psychologique par le SAMU ».

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