Abdelaziz Djerad démissionne. Le Premier ministre algérien a remis la démission de son gouvernement au chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, ce jeudi 24 juin. Après avoir remercié son premier ministre, Abdelmadjid Tebboune l’a instruit de continuer ses fonctions jusqu’à la nomination d’un nouveau gouvernement. Suivant la Constitution algérienne, Abdelmadjid Tebboune devra désormais nommer un nouveau Premier ministre ou un chef de gouvernement, suite aux élections législatives

Ainsi, suivant la Constitution algérienne amendée en novembre dernier, le chef de l’Etat se retrouve face à deux options : selon l’article 103 de la loi fondamentale, « le Gouvernement est dirigé par un Premier ministre lorsqu’il résulte des élections législatives une majorité présidentielle (et) (…) par un Chef du Gouvernement lorsqu’il résulte des élections législatives une majorité parlementaire ». Dans les deux cas de figure, la Constitution précise, dans son article 91, que c’est « le président de la République qui nomme le Premier ministre ou le chef du gouvernement et met fin à leurs fonctions ».

Abdelaziz Djerad démissionne : Tebboune va-t-il opter pour un chef du gouvernement ?

La question concernant l’option que va choisir Abdelmadjid Tebboune reste posée. Va-t-il s’appuyer sur un chef du gouvernement issu de la majorité parlementaire qui sera conduite par le FLN, arrivé en tête aux législatives, ou va-t-il opter pour un Premier ministre qui représentera la majorité présidentielle ?

En tout cas, les premiers signes vont dans le sens d’un Premier ministre. Les indépendants élus au Parlement ont déjà annoncé leur adhésion au programme de Abdelmadjid Tebboune. Les autres partis sont également dans l’optique du soutien au chef de l’Etat. Il faut aussi dire que Abdelmadjid Tebboune sera devant un dilemme : comment va-t-il s’appuyer sur des partis qui ont par le passé soutenu Abdelaziz Bouteflika alors qu’il dit prôner le changement ?

Il faut rappeler que Abdelaziz Djerad, âgé de 65 ans, a été nommé Premier ministre le 28 décembre 2019 au lendemain de l’élection présidentielle. L’ancien secrétaire général à la présidence de la République et du ministère des Affaires étrangères a présenté, il y a quelques jours, le bilan de son gouvernement. Un bilan mitigé à plusieurs égards, notamment sur les plans économique et des libertés.