La situation en Tunisie est très critique. Les craintes que la démocratie naissante soit étouffée dans le pays se confirment. La décision du président tunisien de concentrer les pouvoirs dans sa propre personne est très critiquée. D'un autre côté les tentations autoritaristes de Kaïs Saïed font craindre le pire. En effet, plusieurs ONG internationales s’inquiètent de la situation. Elles dénoncent notamment l'arrestation d'un député indépendant connu pour ses positions anti-président tunisien. 

Ainsi, les ONG ont exprimé, le 31 juillet, leurs inquiétudes sur la situation en Tunisie. Elles dénoncent l'arrestation du député indépendant Yassine Ayari. Ce dernier a déjà été condamné plusieurs fois pour son discours très critique envers l’armée. Parmi ses déclarations celles de cette semaine où il avait qualifié le régime d’exception instauré par le président de « coup d’État militaire ».

Suite à cette déclaration, la justice militaire tunisienne a confirmé son interpellation. Elle a justifié cette arrestation en mettant en avant l'application d’un jugement rendu fin 2018. Ce jugement condamnait le député à deux mois de prison pour une publication critique envers l’armée sur Facebook. M. Ayari qui bénéficiait de l'immunité parlementaire n'a pas été emprisonné.

Cependant depuis les dernières décisions du président tunisien cette immunité a été levée. Cette interpellation confirme selon le directeur de Human Rights Watch (HRW) pour l’Afrique du Nord, Éric Goldstein, « les craintes selon lesquelles le président Saïed risque d’utiliser ses pouvoirs extraordinaires contre ses opposants ». Quant à l’antenne tunisienne de l’ONG Amnesty International, elle « condamne fermement le jugement des civils devant les tribunaux militaires et les procès d’opinion, quels qu’ils soient ».

Des décisions importantes seront prises prochainement

Par ailleurs, il faut signaler que le président tunisien avait déclaré lors d'un entretien téléphonique avec le chef de l'État algérien que « la Tunisie est sur la bonne voie pour consolider la démocratie et le pluralisme ». Il a ajouté que « des décisions importantes seront prises prochainement ».
Le chef de l'État tunisien a déclaré avoir pris ces décisions pour « sauver la Tunisie, l'État et le peuple tunisien » et que les mesures d’exception qui en découlent, sont temporaires. Certains partis politiques ont considéré lesdites mesures comme un « coup d’État contre la Constitution », tandis que d'autres y ont été favorables, estimant qu'il s'agissait d'une « rectification du processus révolutionnaire ».