C'est la panique générale en Afghanistan après que les Talibans aient pris officiellement le pouvoir ce lundi 16 août 2021. L'aéroport de la ville de Kaboul a été pris d'assaut dès les premières heures de la journée. Tout le monde veut quitter le pays de peur de représailles. Les pays étrangers s'activent pour évacuer leurs ressortissants. 

Les Talibans sont de retour au pouvoir en Afghanistan, 20 ans après l'avoir quitté. Les islamistes ont pris le contrôle de la capitale Kaboul et du palais présidentiel ce lundi 16 août 2021. Ce retour n'a pas été applaudie par la population locale. Celle-ci a toujours en tête les sévisses qu'elle subissait pendant les quelques années qu'elle a passé sous le règne de leur désormais gouvernants. Les Afghans en ont vu de toutes les couleurs entre 1996 et 2001, la période durant laquelle le pays était l'emprise de ces islamistes.

« Nous demandons à tous les pays et entités de s'asseoir avec nous pour régler tout problème », a déclaré pourtant le porte-parole des Talibans Mohammed Naeem à la presse ce lundi.

Le sauve qui peut en Afghanistan

Cette déclaration n'a cependant pas pas du tout rassuré les citoyens afghans. Pris de panique, les habitants n'ont qu'une seule chose en tête : quitter le pays. Pour ce faire, ils ont pris d'assaut l'aéroport de Kaboul dans l'espoir de prendre l'avion. Malheureusement pour eux, les vols disponibles étaient « uniquement destinés à transporter des diplomates, du personnel étranger et du personnel des ambassades locales », a indiqué un responsable américain à l'agence Reuters.

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En Afghanistan, les femmes ont la peur au ventre

La prise de pouvoir des Taliban inquiète particulièrement les femmes afghanes. Ces dernières, il faut le dire, ont connu les pires exactions lors du passage de ces islamistes à la tête du pays à la fin des années 1990. Elles ne veulent pas revivre la même situation, caractérisée notamment par des exécutions alors devenues monnaie courante.

« Nous ne comptons pas parce que nous sommes nés en Afghanistan. Je ne peux pas m'empêcher de pleurer. Personne ne se soucie de nous. Nous mourrons lentement dans l'histoire », a d'ailleurs déclaré une jeune fille de ce pays dans une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux et qui a bouleversé le monde.

Des Afghans s'accrochent aux avions

La population n'a cependant rien voulu entendre. Les gens veulent prendre l'avion coûte que coûte. Certains n'ont pas hésité à s'accrocher aux pneus des avions au péril de leurs vies. Devant ce chaos général, l'Armée américaine, qui contrôle l'aéroport de Kaboul, a fait usage d'armes à feu en « tirant dans l'air » afin de ramener le calme. En vain.

La prise de pouvoir des Talibans inquiète la communauté internationale

Cette situation n'a pas laissé indifférente la communauté internationale, qui a réagit en appelant au calme. Plusieurs pays ont décidé d'envoyer des avions sur place afin d'évacuer d'abord leurs ressortissants. La France, à titre d'exemple, a mis en place un pont aérien pour tenter de rapatrier ses ressortissants. Idem pour les États-Unis, qui ont déployé leurs avions militaires et civil dans le cadre de cette opération de rapatriement.

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Il faut dire que le retour au pouvoir des Talibans a suscité l'inquiétude chez les dirigeants des pays à travers le monde entier. « Le rythme rapide des développements suscite une inquiétude internationale et le Qatar fait tout son possible pour opérer une transition pacifique, en particulier après le vide qui s'est produit », a indiqué le ministre des Affaires étrangères du Qatar.

Même son de cloche chez le secrétaire à la Défense du Royaume-Uni. « Je reconnais que les talibans contrôlent le pays. Je veux dire, vous n'avez pas besoin d'être un politologue pour voir où nous en sommes. Ce n'est pas dans les cartes que nous allons y retourner », a-t-il dit.

« En tant que partenaire engagé depuis de nombreuses années à aider l'Afghanistan à construire son avenir, nous sommes profondément préoccupés par le potentiel de nouvelles pertes en vies humaines et de souffrances », a déclaré de son coté le Premier ministre de l'Australie. « L'Afghanistan est à la croisée des chemins. La sécurité et le bien-être de ses citoyens, ainsi que la sécurité internationale, sont en jeu », a affirmé de sa part le chef de la Politique extérieure de l'Union européenne.