Les partis islamistes proches des Frères musulmans connaissent une véritable débâcle en Afrique du Nord. Confronté à la gestion des affaires, l'islamisme politique a montré ses limites. Que ce soit en Algérie, en Tunisie ou encore au Maroc, les partis islamistes perdent de la vitesse et reculent de plus en plus.

En effet, le revers qu'a essuyé le parti islamiste tunisien Ennahdha proche des Frères musulmans est un indice révélateur de la situation des islamistes en Afrique du Nord. Ces partis, qui sont le prolongement d'un mouvement mondial, n'arrivent plus à se mobiliser. Leur gestion des affaires de la cité a déçu leurs sympathisants et une grande partie de ceux qui ont cru à leurs idéaux. Confrontés à l'exercice du pouvoir, ces partis ont démontré leur incompétence, mais surtout leurs allégeances à des puissances étrangères. Il n'est un secret pour personne que les leaders de ces partis sont des adeptes du puissant président turc Erdogan.

Le parti islamiste Ennahdha évincé du pouvoir en Tunisie

Ainsi, en Tunisie, le parti Ennahdha a été évincé du pouvoir législatif par le président tunisien Kaïs Saïed à la suite des manifestations survenues le jour de la Fête de la République tunisienne. En Algérie, le porte-drapeau des Frères musulmans, le MSP, ne représente plus une grande force politique. Lors des dernières législatives majoritairement boycottées par les Algériens, le parti arrive derrière les partis « au pouvoir ». En nombre de voix, le MSP n'a récolté qu'une partie insignifiante de l'électorat. Il est relégué à la figuration au sein d'un parlement peu représentatif.

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Quant au Parti islamiste de la justice et de la démocratie marocain, il s'avère que les 10 ans qu'il a passés au pouvoir lui ont fait perdre son identité. Le PJD a perdu toute sa crédibilité après avoir applaudi la décision de Mohammed VI de normaliser les relations entre le Maroc et Israël. Le parti islamiste a perdu l'un de ses chevaux de bataille : la cause palestinienne. Il est devenu un parti du pouvoir en perdant son ancrage social dans les couches les plus défavorisées du Maroc.

À l'origine des Frères musulmans

Il faut dire que le mouvement des Frères musulmans est apparu dans la foulée des deux guerres mondiales. Le mouvement radical s'est policé avec le temps et est devenu marginal devant les mouvements nationalistes de libération. Passés dans la clandestinité, les Frères musulmans sont revenus en force dans le sillage des révoltes qu'ont connues les pays de l'Afrique du Nord. Il est institutionnalisé en Algérie depuis 1989 et a pris son essor en Tunisie et au Maroc à la suite de ce qui est appelé communément « le Printemps arabe ».

Il faut également signaler que ce mouvement très actif investit tous les secteurs. Il crée ses propres syndicats, ses associations d’étudiants, de médecins, de travailleurs, ses institutions bancaires islamiques, etc. Les frères musulmans instrumentalisent la religion  et appellent au retour aux « percepts de l'islam » pour une bonne gouvernance. Or, depuis leurs prises totales ou partielles du pouvoir dans certains pays, ils ont démontré qu'en fin de compte, la religion n'était qu'un piédestal pour la prise du pouvoir. Leurs gestions ne diffèrent en rien des régimes qui les ont précédés.

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