C’est désormais officiel, la France va rendre un hommage national à Giselle Halimi, féministe et avocate des militants de l'indépendance de l'Algérie, décédée en juillet 2020. Un hommage national à l’avocate franco-tunisienne, décidé par le président Emmanuel Macron, est prévu au début de l’année prochaine, aux Invalides à Paris.

Le président Emmanuel Macron a annoncé qu’une cérémonie nationale en hommage à Gisèle Halimi sera rendue, début 2022, aux Invalides à Paris. « Sa  farouche liberté, elle l’utilisa pour libérer les autres. Par ses combats pour l’égalité, Gisèle Halimi changea et change encore la vie de millions de femmes. En accord avec sa famille, la Nation lui rendra hommage début 2022 aux Invalides », a indiqué le chef de l’État français dans un tweet publié le 23 août.

Un hommage national à Gisèle Halimi aux Invalides à Paris

L'hommage national est une « distinction officielle de la République, la cérémonie est décidée par le président de la République et inscrite au Journal officiel. Elle se déroule aux Invalides ou au Panthéon, dans un cadre protocolaire très précis, articulé autour du discours et de l'éloge funèbre prononcés par le chef de l'État, qui préside la cérémonie et passe les troupes en revue. Le cercueil du défunt est recouvert d'un drapeau tricolore », précise le Gouvernement français.

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Toutefois, la question qui reste posée est celle du sort réservé au projet de l’entrée de Giselle Halimi au Panthéon. La panthéonisation de Gisèle Halimi est réclamée depuis son décès en juillet 2020 par les associations féministes et de nombreuses figures politiques. Aussi, après celle de Joséphine Baker, certaines personnalités, notamment le député Aurélien Taché (ex-LREM) en avait profité pour rappeler la demande en faveur de l’avocate.

L’engagement de Gisèle Halimi contre la guerre d’Algérie compromet son entrée au Panthéon

Mais les discussions n’ont jusqu’ici pas abouti, en raison de l’engagement de Gisèle Halimi contre la guerre d’Algérie, susceptible de « cliver » la société française. En effet, pour de nombreux observateurs, l’engagement de la défunte avocate durant la guerre d’Algérie compromet son entrée au Panthéon.

En mai dernier, une source proche de l’exécutif avait confié à l’AFP que « la réflexion était en cours » concernant l’entrée au Panthéon de l’avocate. « C’est une décision qui exige que de nombreuses parties prenantes soient consultées. Auprès des acteurs, témoins ou dépositaires de tous les combats où Gisèle Halimi s’est engagée », avait-on fait savoir. Une manière de reconnaître que le sujet est sensible sans fermer la porte à une issue favorable.

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Née en Tunisie en 1927, Gisèle Halimi s'était engagée avec force contre la guerre d'Algérie en dénonçant les méthodes de l'armée française contre les militants algériens. Son combat le plus célèbre demeure celui pour les droits des femmes, et notamment en faveur de l'avortement. Elle est décédée le 28 juillet 2020 à Paris à l’âge de 93 ans.