Le Parti de la justice et du développement (PJD), à la tête du gouvernement marocain depuis 2011, a subi une défaite cuisante lors des élections législatives du 8 septembre, selon les résultats provisoires annoncés ce jeudi par le ministre marocain de l’Intérieur.

Le PJD, d’obédience islamiste, s’effondre lors des élections législatives du 8 septembre au Maroc, passant de 125 sièges dans l’assemblée sortante à 12, a indiqué le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, durant un point presse tenue ce jeudi 9 septembre.

Les partis libéraux marocains ont obtenu la majorité des sièges

Le parti islamiste, à la tête du gouvernement au Maroc depuis 2011, arrive loin derrière ses principaux rivaux : le Rassemblement national des indépendants (RNI), le Parti Authenticité et Modernité (PAM), tous deux de tendance libérale, et le Parti de l’Istiqlal (centre-droit), avec respectivement 97, 82 et 78 (sur 395 députés).

Le RNI, qui appartient à la coalition gouvernementale, est dirigé par un homme d’affaires fortuné, Aziz Akhannouch, décrit comme proche du palais royal. Et le PAM, principale formation de l’opposition, a été fondé par l’actuel conseiller royal Fouad Ali El Himma en 2008, avant qu’il n’en démissionne en 2011. Le parti de l’Istiqlal (Indépendance), de centre-droit, est lui le plus ancien parti du Maroc.

Le roi Mohammed VI nommera un chef du gouvernement issu du parti arrivé en tête du scrutin législatif, chargé de former un exécutif pour un mandat de 5 ans, succédant à Saad-Eddine El Othmani, chef du parti islamiste PJD.

Le taux de participation aux legislatives a atteint 50,35 % au Maroc

Le taux de participation a atteint 50,35 % au niveau national, selon le ministre marocain de l’Intérieur. Il avait plafonné à 43 % lors des précédentes législatives en 2016 et à 53 % lors des dernières élections locales en 2015. Mais c’est la première fois que les quelque 18 millions d’électeurs choisissent leurs 395 députés le même jour que leurs représentants communaux et régionaux. Ce qui a réduit l’abstention.

Plus tôt dans la soirée, les islamistes ont fait état de « graves irrégularités », dont « la distribution obscène d’argent » à proximité de bureaux de vote et des « confusions » sur certaines listes électorales, des citoyens n’y trouvant pas leur nom. Les opérations de vote se sont déroulées « dans des circonstances normales », a indiqué Abdelouafi Laftit, hormis « des cas isolés ».