Le procès de Saïd Bouteflika, le frère cadet de l’ex-président algérien Abdelaziz Bouteflika, et d’autres anciens responsables mis en cause dans des affaires de corruption, s’est ouvert dimanche 10 octobre à Alger.

Saïd Bouteflika, ex-conseiller à la présidence, Tayeb Louh, ancien ministre de la Justice, et Ali Haddad, ancien dirigeant du patronat algérien, sont jugés avec d’autres co-accusés par le tribunal de Dar El Beïda, à Alger.

Le procès de Saïd Bouteflika s’ouvre au tribunal de Dar El Beida à Alger

Saïd Bouteflika et les autres accusés sont notamment poursuivis pour « incitation à falsification de documents officiels », « abus de fonction », « entrave à la justice », « incitation à la partialité de la justice » et « outrage à magistrat ».

Saïd Bouteflika affirme son innocence, rejette toutes les accusations et accuse

Saïd Bouteflika a déclaré, lors de l’audience ce 10 octobre : « Je suis innocent de toutes les accusations portées contre moi », selon les propos rapportés par le quotidien El Khabar. Face au juge, Saïd Bouteflika a indiqué qu’il est poursuivi dans l’affaire  de l’ancien ministre de l’Energie Chakib Khalil et de la chaîne de télévision privée Beur TV.

« Cette affaire n’est pas seulement judiciaire, mais aussi politique » accuse-t-il. « Lorsque mon frère Abdelaziz est arrivé au pouvoir en 1999, on lui a fait boire à lui et à sa famille le calice jusqu’à la lie », ajoute-t-il. « Le président Bouteflika […] avait pitié d’eux. Il pardonnait tout sauf quand on touche sa maman », révèle l’ancien conseiller à la Présidence.

Les révélations de Saïd Bouteflika sur Chakib Khelil

Il a ajouté que « durant ses 20 ans au pouvoir, le président Bouteflika n’a poursuivi ni jugé personne malgré les calomnies et les insultes qui l’ont touché, lui et sa famille ». Devant le juge, Saïd Bouteflika a affirmé que « la seule personne qui a grandi, joué et étudié avec Abdelaziz Bouteflika était Chakib Khalil, dont la famille était nos voisins ». « Mon défunt frère a réhabilité toutes les personnes qui lui ont fait du mal en leur accordant des postes de responsabilité, et la seule personne qu’il va poursuivre en justice est Chakib Khalil, ce n’est pas possible ! » ajoute-t-il.

Il a souligné que « l’ancien ministre de la Justice Belkacem Zeghmati, lorsqu’il était procureur général à la Cour d’Alger, a écrit au président de la République pour s’excuser et justifier le mandat d’arrêt international émis contre Chakib Khellil ». « Je me souviens qu’il y avait un Conseil des ministre. À la fin du conseil, quand tout le monde est sorti, j’ai demandé à Tayeb Louh de parler avec Abdelaziz Bouteflika, et il lui a parlé. Je ne sais pas de quoi ils ont parlé, mais quand nous sommes entrés à  la maison, mon frère m’a dit qu’il avait parlé avec Louh pour reconsidérer l’affaire Chakib Khalil, et il m’a dit que ce serait dans le cadre de la loi », ajoute Saïd Bouteflika.

« On colportait que Saïd s’est accaparé des richesses de l’Algérie »

Il a poursuivi que « les réseaux considérés aujourd’hui comme une menace pour le pays ne l’étaient pas à l’époque lorsqu’on colportait que Saïd s’est accaparé des richesses de l’Algérie au point où lorsqu’une usine est construite, on dit qu’elle appartient à Saïd et que Saïd a pris le pouvoir ». Saïd Bouteflika a indiqué avoir « envoyé un SMS au ministre de la justice de l’époque Tayeb Louh, le 19 mars 2018, dans le cadre de l’affaire Haddad », précisant que « ce dernier ne m’avait pas parlé à ce sujet ».