Après Abdelmoumen Ould Kaddour, l’Algérie attend l’extradition de plusieurs autres oligarques impliqués dans des affaires de corruption et des scandales financiers sous le règne du président Abdelaziz Bouteflika. Parmi les noms qui reviennent le plus : Chakib Khellil, Ammar Saâdani et Ghali Belkecir.

L’extradition de Ould Kaddour relance le dossier des plus gros scandals financiers

L’extradition de l’ancien PDG de Sonatrach Abdelmoumen Ould Kaddour depuis les Émirats Arabes Unis vers Alger a marqué l’actualité en Algérie la semaine dernière. Impliqué dans l’affaire de la raffinerie d’Augusta que la compagnie pétrolière nationale Sonatrach avait rachetée en 2018 pour un montant de plus de 700 millions de dollars, Ould Kaddour faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international lancé par l’Algérie en février 2021.

Il faut dire que l’extradition de de Abdelmoumen Ould Kaddour a été accueillie comme une « grande victoire » par l’Algérie. L’ancien PDG de la Sonatrach est considéré comme un poids lourd dans la liste des personnes recherchées dans le cadre de la lutte anticorruption en Algérie.

Chakib Khelil toujours en fuite aux États-Unis

Désormais la justice algérienne espère « récupérer » d’autres gros noms cités dans les plus grandes affaires de corruption en Algérie durant les dernières années. Chakib Khelil reste le plus cité. L’ancien ministre de l’Énergie pendant le règne de Bouteflika, qui se trouve depuis 2019 aux États-Unis, est poursuivi pour son implication dans plusieurs affaires.

Parmi celles-ci, le dossier lié à la société émiratie Petrofac, qui avait obtenu, dans des conditions douteuses, un contrat de réalisation du GNL à Arzew, sur « instructions » de l’ex-ministre de l’Énergie. Ou encore le dossier lié au marché de réalisation pétrolière à Gassi Touil, octroyé au groupe SLC-Lavalin et dans lequel Chakib Khelil aurait « donné des consignes écrites » pour favoriser le géant canadien.

L’Algérie pourra-t-elle extrader Chakib Khelil ? Cela semble difficile, mais l’État algérien a déjà entamé les contacts avec plusieurs pays pour aboutir à la récupération de l’ex-ministre de l’Énergie et que de toutes les personnes faisant l’objet d’un mandat d’arrêt international.

Amar Saadani à la solde du régime marocain ?

L’autre ancien responsable que veut récupérer l’Algérie est Amar Saadani. Même si les autorités algériennes n’ont pas lancé de mandat d’arrêt international à son encontre, l’ancien président de l’Assemblée nationale a quitté l’Algérie depuis plusieurs années. Il s’est longtemps réfugié dans la capitale française, Paris, pour échapper aux poursuites judiciaires dont il fait l’objet, notamment à la suite du déclenchement du Hirak.

Amar Saadani a été convoqué par la justice à deux reprises dans le cadre d’une affaire de détournement de foncier dans la wilaya de Tipasa. Des convocations auxquelles il n’a jamais répondu, sachant que plusieurs personnes impliquées dans cette même affaire sont en détention provisoire. En avril dernier, plusieurs médias ont indiqué que Amar Saadani se trouverait au Maroc pour s’y installer définitivement. Il aurait même demandé l’asile politique à la monarchie de Mohammed VI.

Le général Belkecir encourt la peine de mort

Recherché par la justice algérienne, le général Ghali Belkecir est en fuite à l’étranger depuis deux ans. Nommé en juillet 2018 à la tête de la gendarmerie nationale par l’ex-chef d’état-major de l’ANP, le général Belkecir a été limogé en juillet 2019 par Abdelkader Bensalah, alors chef de l’État par intérim.

Le général Ghali Belkecir avait alors décidé, quelques semaines plus tard, de quitter l’Algérie et d’aller se réfugier à l’étranger avec son épouse, Fatiha Boukhers, ex-présidente de la Cour de Tipaza. En mars dernier, le juge d’instruction du tribunal militaire de Blida a émis 4 mandats d’arrêt internationaux contre l’ancien commandant de la gendarmerie nationale Ghali Belkecir. Il est impliqué dans trois affaires de corruption et accusé de « possession d’informations et de documents secrets pour les remettre à des agents d’un pays étranger ». Il encourt la peine de mort, conformément à l’article 63 du Code pénal, disposant que « tout coupable de trahison est puni de peine de mort ».

En juillet, le journal britannique The Guardian avait indiqué que le général Belkecir a acheté la citoyenneté du Vanuatu, un petit pays du Pacifique, afin de se mettre à l’abri et pouvoir voyager librement sans être inquiété par les services de sécurité.