IsraĂ«l serait-il en phase de conclure de nouveaux accords avec d'autres États en vue d'une normalisation de leurs relations diplomatiques ? La rĂ©ponse serait oui si l'on croit la derniĂšre rĂ©vĂ©lation d’un ministre israĂ©lien Ă  un mĂ©dia des Émirats arabes unies.

IsraĂ«l semble dĂ©cidĂ© Ă  poursuivre sa stratĂ©gie de normalisation avec de nouveaux États, notamment ceux connus pour leur hostilitĂ© lĂ©gendaire Ă  son Ă©gard. AprĂšs le Maroc, les Émirats Arabes Unies, le BahreĂŻn et le Soudant, qui ont signĂ©s rĂ©cemment des accords diplomatique avec IsraĂ«l, d'autres pays dits arabes seraient sur la liste.

En effet, le ministre israĂ©lien de la CoopĂ©ration rĂ©gionale, Issawi Frej, a rĂ©vĂ©lĂ© le 18 octobre dans un entretien avec le site Ă©mirati Eremnews que « d'autres pays arabes et musulmans de la rĂ©gion s’apprĂȘtaient Ă  signer l’accord de normalisation avec IsraĂ«l dans le cadre d’une nouvelle union rĂ©gionale et moyen-orientale ».

La Tunisie et d'autres pays arabes rejoindront les accords d'Abraham, selon Issawi Frej

« Plusieurs pourraient rejoindre les accords d’Abraham et je pense qu’à long terme tous les pays du Moyen-Orient s’allieront Ă  une nouvelle Union rĂ©gionale et moyen-orientale » affirme Issawi Frej, qui est d’ailleurs le seul ministre d'origine arabe dans l'actuel gouvernement israĂ©lien.

« AprĂšs les Émirats arabes unis, l'Égypte et la Jordanie, qui ont intĂ©grĂ© cette Union, d'autres pays pourraient leur emboĂźter le pas ; en l'occurrence la Tunisie, le Qatar, Oman et la Malaisie », prĂ©cise le ministre israĂ©lien.

Selon ce responsable, « le processus de paix profitera Ă  tous les pays de la rĂ©gion. La perte est en revanche considĂ©rable en l’absence d’un accord de paix ». Il rĂ©vĂšle aussi que plus de 250 000 israĂ©liens ont visitĂ© les Émirats arabes unis depuis la normalisation des relations entre les deux pays en dĂ©cembre dernier.

Le président tunisien avait qualifié l'établissement de relations avec Israël de « trahison »

Toutefois, la question qui sera posĂ©e est la position de la Tunisie face Ă  cette rĂ©vĂ©lation de Issawi Frej. La Tunisie va-t-elle emboĂźter le pas aux autres pays arabes, Ă  l’instar du Maroc, et aller jusqu'Ă  signer des accords de normalisations avec IsraĂ«l ?

Rien n'est moins sĂ»r, et une question Ă  plusieurs Ă©quations, surtout lorsqu’on rappelle la position ferme, mainte fois exprimĂ©e par le prĂ©sident tunisien Ă  propos de la question de la normalisation des relations avec IsraĂ«l. Dans un entretien accordĂ© en mai dernier Ă  France 24, le prĂ©sident tunisien KaĂŻs SaĂŻed a qualifiĂ© l'Ă©tablissement de relations avec IsraĂ«l de « trahison », soulignant dans ce sens que « le problĂšme qui demeure actuellement n'est pas avec les juifs, mais avec le sionisme qui veut exterminer le peuple palestinien ».

« Chaque pays est libre dans ses choix concernant les relations avec IsraĂ«l, mais la question est liĂ©e Ă  la trahison et Ă  ceux qui nient le droit lĂ©gitime du peuple palestinien Ă  sa terre et Ă  ses lieux saints », a soulignĂ© le chef de l'État tunisien KaĂŻs SaĂŻed.