Visiblement, l'administration de Joe Biden ne suivra pas celle de Donald Trump dans le dossier du Sahara occidental. La proposition de l'ex-président américain d'édifier un consulat US à Dakhla, sur le territoire du Sahara occidental, a reçu un niet catégorique du Sénat, dominé par les Démocrates depuis la défaite de Trump en novembre 2020.

En effet, selon le média marocain Le Desk, le Sénat US a refusé la proposition de financement d'un consulat américain à Dakhla, au Sahara occidental, dont le statut juridique international ne permet pas aux autorités marocaines de mener des actions internationales.

Selon le Comité des appropriations de la chambre haute du Congress, les fonds alloués au chapitre du Sahara occidental « devront être affectés à la recherche d'une solution diplomatique », est-il écrit dans le draft budgétaire, repris par Le Desk. Le même draft devra cependant être négocié avec la Chambre des représentants.

Les fonds destinés au Sahara occidental doivent servir exclusivement à « soutenir les efforts diplomatiques facilitant un règlement politique du conflit », a affirmé le Comité dirigé par le sénateur démocrate Patrick Leahy. Il a ajouté que ces fonds ne doivent pas être « utilisés pour soutenir la construction ou l'exploitation d'un consulat des États-unis au Sahara occidental ».

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Ces mots sonnent comme un camouflet à la diplomatie marocaine qui a fait beaucoup de concessions pour arracher l'appui américain. Notamment dans le cadre de l'accord tripartite avec Israël et les USA, conclu en décembre 2020, qui permettait la normalisation des relations israélo-marocaines, en contrepartie d'une reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara occidental.

En fait, le Sénat n'est pas la première institution américaine à rejeter l'idée d'un consulat sur le territoire du Sahara occidental. En juin, la Chambre des représentants, par le biais de la Commission des Affaires étrangères, a également bloqué le projet, doutant de la nécessité de ce consulat. Les membres de cette Commission soupçonnaient que son seul rôle serait de confirmer la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.