L’affaire du meurtre de Chahinez, une Algérienne de 31 ans, tuée par son mari Mounir B, âgé de 44 ans, dans des circonstances atroces en mai dernier à Bordeaux, avait secoué la France entière. Un meurtre qui a avait mis à nu une des erreurs d’appréciation et de coordination entre la police et la justice, selon l’enquête de l’inspection de la direction générale de police nationale (DGPN), cinq mois après le drame.

Les faits ont eu lieu dans la soirée du mardi 4 mai. Il était environ 18 heures quand Mounir B. a poursuivi, fusil à la main, sa femme Chahinez dont il était séparé, dans la rue à Mérignac (Bordeaux). Il « était porteur d’un fusil de calibre 12, d’un pistolet à gaz et d’une ceinture de cartouches », a indiqué le parquet de Bordeaux dans un communiqué relayé par plusieurs médias français.

Le mari violent n'a pas hésité à tirer des coups de feu dans les jambes de la jeune Algérienne, jusqu'à ce qu'elle tombe par terre. Voyant qu'elle n'était pas encore morte, l'agresseur a décidé de brûler sa victime en l'aspergeant d'essence avant de lui mettre le feu.

L’affaire de Chahinez B., brûlée vive par son mari en France, revient cinq mois après le drame

Avant son coup, le quadragénaire avait mis le feu au garage du pavillon et avait brûlé plusieurs effets personnels de sa femme. Une demi-heure après le drame, les policiers de la brigade anticriminalité (BAC) ont réussi à arrêter Mounir B. dans la commune limitrophe de Pessac, avant de le placer en garde à vue.

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Les premiers éléments de l'enquête ont révélé que ce n'est pas la première fois que l'Algérienne souffre des maltraitances de son mari. Le 25 juin 2020, le tribunal correctionnel de Bordeaux avait déjà condamné le mis en cause à « une peine de dix-huit mois de prison, dont neuf mois assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans [...] dans le cadre d’une comparution immédiate pour violences volontaires par conjoint », a indiqué le Parquet.

En juin dernier, « un rapport conjoint de différentes inspections avait pointé une série d’erreurs d’appréciation et de coordination » entre la police et la justice, « notamment dans la prise d’une des plaintes de Chahinez et dans l’enquête qui s’en est suivie », selon RTL.

Sept policiers convoqués devant un conseil de discipline dans l'affaire de Chahinez B.

Des erreurs d’appréciations qui n’ont pas permis d’empêcher le meurtre de la jeune Algérienne et qui ont conduit le directeur général de la police nationale (DGPN) en fin de semaine dernière à « convoquer devant un conseil de discipline sept policiers impliqués à différents niveaux dans les dysfonctionnements de la chaîne judiciaire », qui ont précédé le meurtre de Chahinez par son mari, selon une information de RTL publiée le 27 octobre.

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Ces convocations devant le conseil de discipline concernent l’ensemble de la chaine hiérarchique, et remontent jusqu’au Directeur Départemental de la Sécurité publique (DDSP) de Gironde, l’échelon le plus élevé du département.

Selon FranceInfo, le directeur zonal de la sécurité publique (DZSP) du Sud-Ouest devrait recevoir un blâme dans les prochains jours. Deux commissaires, deux commandants, un major, un brigadier-chef et un gardien de la paix vont, pour leur part, passer en conseil de discipline.

Le policier qui avait recueilli la plainte de Chahinez avait été lui-même condamné pour violences conjugales en février 2021. Il est déjà passé en conseil de discipline pour ces faits et celui-ci a proposé une sanction d’un an d’exclusion temporaire de ses fonctions et d’un an d’exclusion avec sursis, indique la même source.