Encore une fois, l'Europe dénonce l'instrumentalisation de la question migratoire à des fins politiques. La Pologne souffre avec l'attitude de son voisin, la Biélorussie, qu'elle accuse d'instrumentaliser la détresse des migrants encouragés à se rassembler à sa frontière. Laquelle frontière est également celle de l'Union européenne. Cela rappelle l'épisode de la crise maroco-espagnole de mai 2021, qui a amené l'UE à réagir avec virulence à l'égard du Maroc.

Les scènes sont diffusées par toutes les télévisions du monde. La frontière de la Pologne avec la Biélorussie, longue de plus de 400 kilomètres, est le théâtre d'un drame humain et d'une instrumentalisation politique. Les migrants, essentiellement du Moyen-Orient, tentent de traverser la frontière à la recherche d'une vie meilleure, dans une Europe verrouillée.

La Biélorussie de Loukachenko inonde la Pologne de migrants

En fait, pour les dirigeants européens, le gouvernement biélorusse d'Alexandre Loukachenko est en train d'instrumentaliser la question migratoire en guise de représailles à l'égard de l'Union européenne. Notamment à la suite des sanctions qui lui ont été infligées par le bloc. Plusieurs migrants sont morts au niveau de cette frontière longée par une forêt dense, qui rend difficile l'action des soldats polonais. Certains sont morts de froid alors d'autres sont décédés suite à des blessures qu'ils ont eues à l'occasion de troubles avec les garde-frontières polonais.

Il faut dire que les relations de la Biélorussie avec le reste de l'Europe ont toujours été tendues, en raison du rapprochement de l'État biélorusse, dirigé d'une main de fer par Alexandre Loukachenko, avec la Fédération de Russie de Vladimir Poutine. Pour des raisons de proximité géographique et de facteurs historiques, ces relations sont beaucoup plus compliquées avec son voisin polonais.

Le Maroc avait lui aussi instrumentalisé les migrants

Cette crise rappelle étrangement celle qui a émaillé, en mai dernier, les relations entre le Maroc et son voisin du nord, l'Espagne, et ce, suite à l'hospitalisation dans la péninsule ibérique du président sahraoui et du Polisario, Brahim Ghali. À l'époque, le Maroc avait réagi violemment, notamment en laissant passer des milliers de migrants de nationalité marocaines par la frontière avec l'enclave espagnole de Ceuta.

En quelques jours, quelque 8000 ressortissants marocains ont traversé la frontière vers Ceuta devant le regard indifférent des services de sécurités marocains. Et ce, en guise de représailles contre l'accueil du dirigeant sahraoui. L'Espagne n'a pas manqué de dénoncer une agression et un chantage du Maroc, avant que l'Union européenne n'intervienne pour dénoncer l'attitude du royaume de Mohammed VI.

« Personne ne peut intimider ou faire chanter l'Union européenne sur le thème migratoire », avait asséné le vice-président de la Commission européenne, Margaritis Schinas, pour signifier aux dirigeants marocains que l'Europe était tout autant concernée par son attitude que l'Espagne. De son côté, le Maroc avait mernacé l'UE de suspendre sa coopération.