À moins de 6 mois de l'élection présidentielle, le débat en France est focalisé essentiellement sur le thème de l'immigration. Un sujet qui n'est plus l'apanage de la droite et de l'extrême droite. Désormais, même certains hommes politiques émargeant à gauche ont joint leurs voix à celles de leurs éternels adversaires pour faire cause commune sur la question.

C'est ce que montre cette sortie pour le moins surprenante du socialiste Arnauld Montebourg, candidat à la prochaine présidentielle en France, qui a évoqué ce dimanche 7 novembre une mesure pour le moins radicale concernant la question de l'expulsion des migrants en situation irrégulière en France vers leurs pays d’origine. Une proposition qui va certainement apporter de l'eau au moulin des partisans de la droite, et surtout à travers laquelle l’ancien député du PS espère grappiller quelques voix au sein de cette frange hostile à l'immigration.

Le thème de l'immigration focalise le débat politique en France

Invité ce dimanche 7 novembre du Grand Jury « LCI-RTL-Le Figaro », Arnauld Montebourg, candidat à la présidentielle d'avril 2022, a tout simplement proposé de « frapper au portefeuille » afin de contraindre certains pays à « coopérer » avec la France dans le cadre de l'accueil de leurs ressortissants sans-papiers expulsé depuis l'Hexagone.

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Pour l'ancien ministre de l'Économie sous la présidence de François Hollande, le problème majeur de l'immigration aujourd’hui en France est celui de l'intégration. « Aujourd'hui, on ne sait plus intégrer. Je défends l'intégration ou rien », lance-t-il. Selon lui, l'intégration des migrants en France doit se baser sur des principes : « apprendre le français, respecter les lois, admettre les valeurs de la société française, comme la laïcité, et travailler, avoir des ressources, être autonome », affirme l'invité du Grand Jury.

Bloquer les transferts d'argent vers les pays d'origine de la diaspora

Et à Arnault Montebourg d'expliquer les raisons de la non-intégration des étrangers par le nombre important des sans-papiers se trouvant actuellement en France. « Parce que vous avez aujourd'hui 100 000 mesures d'obligation de quitter le territoire qui pèsent sur des personnes en situation irrégulière qu'on n'arrive pas exécuter », affirme-t-il

Pour y parvenir, celui qui se proclame pourtant des valeurs de la gauche, n’a pas hésité à faire une proposition pour le moins radicale : « Il y a 11 milliards de transferts d'argent qui passent par Western Union sur l'ensemble des pays d'origine. Nous bloquons tous les transferts aussi longtemps qu'on n'a pas un accueil de coopération. Ce sont des transferts d'argent privé qui aujourd'hui sont une manne pour ces pays, et nous avons besoin de dire "ça suffit" », lance le candidat socialiste sans sourciller.

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Le candidat socialiste Arnault Montebourg rejoint Marine le Pen sur la question de l'immigration

Une proposition qui rejoint celle faite en octobre dernier par la candidate de l'extrême droite Marine le Pen, qui promet de ne pas hésiter à couper les transferts de fonds qui s'effectuent entre la France et l'Algérie. « Il y a chaque année une aide publique au développement qu'on peut couper accessoirement et il y a l'intégralité de transfert de fonds qui sont adressés par des gens de nationalité algérienne qui travaillent en France, et qui touchent d'ailleurs des aides sociales, vers l'Algérie ». « Là aussi, on peut intervenir », a-t-elle dit. Marine Le Pen avait aussi promis de ne plus délivrer de visas aux pays qui ne veulent pas récupérer leurs ressortissants déclarés indésirables en France. La candidate du RN, a ciblé particulièrement les pays du Maghreb, dont les ressortissants en situation irrégulière représentent le plus grand nombre en France.