Les relations entre l'Algérie et la France pourrait revenir à la normale. En effet, les déclarations du ministre algérien des Affaires étrangères Ramtane Lamamra, qui a salué la nouvelle attitude de l'Élysée, laissent penser que les relations entre les deux pays, en crise depuis plus d'un mois, vont vers le réchauffement.

En fait, même si le chef de la diplomatie algérienne tentait de faire preuve de prudence, il a tout de même fait montre d'une ouverture avérée à l'égard de la France dont le président, Emmanuel Macron, s'est exprimé positivement par le biais de l'un de ses conseillers. Ce dernier a effectivement exprimé les regrets du président quant aux polémiques et des malentendus résultant de sa dernière sortie sur l'Algérie.

« Contrairement aux déclarations à l’origine de la crise, celles-ci sont raisonnables et comportent des idées montrant du respect pour l’Algérie, son histoire, son passé, son présent et aussi pour la souveraineté algérienne », a déclaré Ramtane Lamamra à l'occasion d'une conférence de presse animée à l'issue de la Conférence des chefs de missions diplomatiques et consulaires.

C'est clairement une brèche vers la normalisation des relations entre l'Algérie et la France qui ont souffert d'une brouille déclenchée par le président français le 30 septembre, quand il a qualifié le régime algérien de « politico-militaire » qui entretient « une rente mémorielle ».

C'est clairement une brèche, mais pas suffisante pour que le chef de l'État algérien Abdelmadjid Tebboune assiste en personne à la Conférence internationale sur la Libye programmée le vendredi 12 novembre à Paris. Emmanuel Macron a invité Abdelmadjid Tebboune à participer à cette rencontre sur la Libye, mais l'Algérie n'y sera pas représentée à un niveau présidentiel, selon le chef de la diplomatie algérienne.

« Les conditions ne sont pas réunies pour qu’il participe personnellement à cette conférence, en dépit de son attachement au rôle actif de l’Algérie aux côtés des frères libyens ainsi qu’au règlement pacifique et démocratique escompté de la question libyenne », a estimé Ramtane Lamara lors de la même conférence de presse. Selon des médias algériens, c'est le ministre des Affaires étrangères lui-même qui représentera l'Algérie à cette rencontre qui vise à faire sortir la Libye de la crise qui la secoue depuis une dizaine d'années.