Les relations entre l'Algérie et la France ont récemment connu une brouille sur le plan politique et diplomatique. Cette crise a fait suite aux propos d'Emmanuel Macron, qui a qualifié le régime algérien de « politico-militaire » et qui l'a accusé d'entretenir « une rente mémorielle ». Éric Zemmour, probable candidat à l'élection présidentielle française, n'a pas hésité à commenter cette sortie, tout comme il commente la nouvelle position de la diplomatie française, qui semble faire machine arrière sur la question.

Les propos d'Emmanuel Macron ont soulevé la colère d'Alger, qui a immédiatement riposté par la convocation de l’ambassadeur de France en Algérie puis son rappel. Les autorités algériennes sont allées jusqu'à fermer l’espace aérien du pays aux avions miliaires français.

Depuis la sortie controversée d’Emmanuel Macron, plusieurs dirigeants – à leur tête le chef de l'État Abdelmadjid Tebboune – se sont exprimé sur la question en rendant à chaque fois la France comme responsable de cette crise entre les deux pays. Dans un entretien accordé au magazine allemand Der Spiegel, le 25 octobre dernier, Abdelmadjid Tebboune a critiqué les propos de son homologue français, qu'il a qualifiés de graves. « On ne touche pas à l'histoire d'un peuple, on n'humilie pas les Algériens », avait-il déclaré, affirmant que « Macron a blessé la dignité des Algériens ».

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Macron veut-il faire son mea culpa ?

Devant l’ampleur de la crise suscitée par ses propos, Emmanuel Macron a tenu de faire un premier pas dans le but de « détendre » l’atmosphère en vue d’une issue à cette crise, qui risque de durer. En effet, le communiqué publié le 9 novembre par l'Élysée est assimilé à un mea culpa du président français envers les autorités algériennes. Il y est dit que le président regrette les « malentendus » engendrés par ses propos. La France y réaffirme d'ailleurs « le plus grand respect pour la nation algérienne » qu'éprouve le président Emmanuel Macron, qui souhaite aujourd'hui bâtir des relations bilatérales « au bénéfice des populations algérienne et française ».

Ce revirement dans la diplomatie française a été accueilli favorablement par les autorités algériennes, comme l’a souligné le 10 novembre le ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra. « Contrairement aux déclarations à l’origine de la crise, celles-ci sont raisonnables et comportent des idées montrant du respect pour l’Algérie, son histoire, son passé, son présent et aussi pour la souveraineté algérienne », avait en effet déclaré Lamamra.

Éric Zemmour fustige Macron et la diplomatie française

Pour de nombreux observateurs, la réaction du ministre des Affaires étrangères, qui a d’ailleurs annoncé à l’occasion la participation de l’Algérie à la conférence sur la Libye prévue ce vendredi à Paris, est un signe d’un début du règlement de la crise entre Alger et Paris. Cette nouvelle évolution ne semble pas plaire au polémiste et controversé futur candidat à la présidentielle en France Éric Zemmour.

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En effet, dans un message publié ce jeudi 11 novembre sur Twitter, Éric Zemmour a commenté les derniers développements dans la relation algéro-française. Zemmour reproche à Emmanuel Macron d’avoir agit pour atténuer la crise entre les deux pays. Dans son message accompagnant un article du quotidien Le Figaro intitulé « Alger salue des déclarations "respectueuses" de Paris malgré la crise diplomatique », Éric Zemmour a écrit : « Macron donne des leçons d'Histoire aux Français, mais il se fait traiter comme un écolier par les Algériens ».