Malgré les déclarations rassurantes du ministre des Transports sur le règlement de la crise liée au blocage de cinq cargos algériens par les autorités portuaires françaises, belges, espagnoles et italiennes depuis plusieurs semaines, la situation reste « alarmante », selon les travailleurs de la compagnie algérienne CNAN, qui redoutent « le blocage d'autres navires algériens à l'avenir ».

En effet, dans son édition de ce dimanche 14 novembre, le quotidien El Watan a rapporté qu’à l’exception du Tamanrasset, les 4 autres cargos algériens de transport de marchandises – le Timgad, le Tinzirene, le Gouraya et le Saoura – sont toujours bloqués en France, en Italie, en Espagne et en Belgique. Selon la même source, les 4 cargos en question font face à l'intransigeance des autorités de sécurité maritimes de pays ayant procédé à leur blocage.

Les autorités en question exigent notamment « le virement des salaires des marins embarqués (avec paiement des heures supplémentaires et congés), la mise en place de conditions de travail à bord adéquates avec un stock de vivres et du nécessaire pour une bonne hygiène de vie, mais aussi en matière de réparation de toutes les pannes et de constitution d’un stock suffisant de pièces de rechange », indique la même source.

À lire aussi :  Manque de main-d'œuvre en France : voici les métiers et les régions qui recrutent massivement

La CNAN veut éviter le blocage d'autres bateaux algériens

Dans une déclaration au quotidien El Watan, Khiri Bensouna, secrétaire général du syndicat des travailleurs de la CNAN-Nord et président du comité de participation de l’entreprise, a indiqué que « le débat avec le ministre des Transports lors de sa visite la semaine passée au port d’Alger a porté essentiellement sur les solutions à apporter en matière de déblocage et d’évitement d’éventuels nouveaux blocages de navires ».

Le représentant des travailleurs précise que « la présence du ministre, au premier rang, ne nous a pas permis de faire état des nombreuses et croissantes irrégularités. Et ce, eu égard aussi au fait que les pouvoirs publics aient apporté leur soutien financier pour débloquer les navires retenus à l’étranger ». Le syndicaliste de la CNAN-Nord relève que « les raisons invoquées par les responsables sont les dettes et les pénalités », mais « il s'avère qu'aucune enquête de la brigade économique n'a été ouverte alors que cette situation fragilise le patrimoine de l'État » algérien, explique Khiri Bensouna.