Un Franco-Algérien a été condamné à perpétuité par la cour d'assises de Paris pour le meurtre d'une octogénaire de confession juive. Il s'agit de Yacine Mihoub, reconnu coupable d'homicide sur une personne particulièrement vulnérable. Le Franco-Algérien a été condamné à la perpétuité assortie de 22 ans de sûreté. Sa mère, Zoulikha Khellaf, a été condamnée à 3 ans dont 2 de prison ferme pour avoir fait obstacle à la manifestation de la vérité en faisant disparaître des objets de la scène de crime.

Par ailleurs, Alex Carrimbacus, principal autre suspect dans cette affaire, a été condamné à 15 ans de prison pour le vol de la victime et été acquitté pour le meurtre de cette vieille dame juive de 85 ans.

Le crime a eu lieu en 2018. Le corps de Mireille Knoll a été retrouvé lardé de coups de couteau et en partie calcinée chez elle à Paris. À l'époque des faits, ce drame avait suscité une vive émotion, notamment au sein de la communauté juive et dans le monde politique.

Ainsi, la Cour a estimé que Yacine Mihoub avait entretenu un ressentiment envers Mireille Knoll, ce qui a créé chez lui une « haine sourde ». La circonstance aggravante de l'antisémitisme a également été retenue. « Le crime a été alimenté par la haine due au ressentiment, mais aussi à la religion de la victime », a indiqué le président, avant d'ajouter : « cette haine a ressurgi avec la consommation d’alcool et a trouvé son apogée dans la discussion sur les juifs entre Yacine Mihoub et Mireille Knoll ».

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Pour sa défense le Franco-Algérien a nié les faits et a assuré devant la court : « ce jour-là, (le jour du meurtre, NDLR), je suis venu lui dire bonjour, prendre des nouvelles […]. J’ai juste invité la personne qu’il ne fallait pas ». Yacine Mihoub expliquait que ce vendredi 23 mars, il avait invité Alex Carrimbacus chez Mireille Knoll et qu’il l’aurait perdu de vue quelques minutes tandis qu’il fumait une cigarette sur le balcon. « Ces cinq minutes ont suffi pour que Mireille Knoll soit poignardée onze fois », a assuré Yacine Mihoub à la Cour.

De leur côté, les parties civiles ont exprimé leur satisfaction quant au verdit .« C’est juste, c’est ce qu’on attendait. Notre famille va pouvoir démarrer son deuil », a déclaré le petit-fils de Mireille Knoll. « D’une certaine manière, l’affaire Knoll, c’est l’anti-affaire Sarah Halimi. Nous sommes passé du déni à la prise de conscience de la réalité de l’antisémitisme des quartiers. C’est une évolution intellectuelle et médiatique importante qui a connu sa traduction judiciaire aujourd’hui. Je note par ailleurs que Yacine Mihoub, le seul auteur du crime, n’a pas eu un seul mot de contestation lorsqu’on lui a notifié cette peine maximale », a analysé de son côté Maître Gilles-William Goldnadel, avocat de plusieurs membres de la famille Knoll.

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« C'est un grand soulagement pour toutes les parties civiles. Ce verdict, qui prononce la peine la plus sévère de notre arsenal juridique, veut bien dire que l’horreur est partout dans ce dossier, dans la personnalité du meurtrier, dont l’antisémitisme a été reconnu, et dans les faits eux-mêmes. C’est une décision qui a été très motivée. Les jurés ont tiré les mêmes conclusions que nous », a ajouté Maître Sébastien Journé, autre avocat de proches de la famille Knoll.