Le port du voile dans l'espace public continue de faire débat en France. Cette fois-ci, ce sont des militantes pro-hidjab qui réclament le droit des musulmanes à porter le voile lors des manifestations sportives officielles organisées en France. Une réclamation qui sera examinée par la justice à travers le Conseil d'État.

Dans une tribune publiée le 26 novembre dans Le Figaro, Jean-Eric Schoettl, conseiller d'État honoraire et secrétaire général du Conseil constitutionnel de 1997 à 2007, a rapporté en effet que des militantes « hijabeuses » qui réclament le droit de porter le voile islamique durant les compétitions sportives officielles en France ont saisi le Conseil d'État.

Le port du voile sera-t-il autorisé lors des manifestations sportives en France ?

La Charte olympique énonce en son article 50.2 la règle selon laquelle : « aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n'est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique », rapporte l’auteur de la tribune.

Ce principe de neutralité a été décliné dans ses statuts par la Fédération française de Football (FFF) : « Le respect de la tenue réglementaire et la règle 50 de la Charte olympique assurent la neutralité du sport sur les lieux de pratique », précise-t-il.

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Des « hijabeuses » ont « demandé au président de la Fédération française de Football (FFF) d'abroger cette interdiction, exposant qu'elle leur ferme, en raison du couvre-chef qu'elles portent, l'accès aux matchs de coupe, de championnat ou de district », explique Jean-Eric Schoettl, d’où leur recours au Conseil d’État, selon lui.

Jean-Éric Schoettl a mis en garde qu’une décision favorable de la part du Conseil d’État pourrait faire « tomber un bastion stratégique de la résistance à l’islamisme dans le sport ». Selon l’auteur de la tribune, « un tel contentieux n'a rien d'étonnant lorsqu'on sait que le sport est devenu, depuis une vingtaine d'années, le terrain de prédilection de l'entrisme islamiste et que le football oppose aux radicaux la plus forte résistance au niveau fédéral ».

L’auteur de la tribune a toutefois reconnu que le Conseil d’Etat pourrait répondre favorablement à la requête des « hijabeuses » en recourant à l'article 9.2 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

« La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l'objet d'autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l'ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d'autrui », affirme Jean-Eric Schoettl.