Les relations diplomatiques entre l'Algérie et la France n'ont jamais été un long fleuve tranquille. Elles traversent souvent des périodes de tensions. La dernière en date fait suite aux déclarations du Président français Emmanuel Macron. Cependant, quelques jours après ce « froid », le ministre français des affaires étrangères s'est rendu en Algérie. Cette visite est un signe de réchauffement de relations entre l'Algérie et la France. Une visite qui annonce peut être la fin de l'embrouille entre les deux pays.

En effet, Paris veut dénouer la crise profonde qu’elle traverse avec l’Algérie et « renouer une relation de confiance », ainsi que le « dialogue politique ». C’est ce qu’a déclaré hier le chef de la diplomatie française Jean Yves Le Drian au terme de sa visite à Alger. Des déclarations qui sonnent comme une réponse aux déclarations d'Abdelmadjid Tebboune faites le 26 novembre. « Le retour à la normale des relations algéro-françaises est inéluctable », avait déclaré le chef de l'État algérien, en précisant que le « retour à la normale » ne se fera pas sans condition.

Entre la France et l'Algérie, il s'agit de reprendre le dialogue et de dépasser les malentendus

Ainsi, après cette période de gel marquée par une série de mesures inédites prise par l’Algérie contre la France (les autorités algériennes, qui ont rappelé l'ambassadeur en France, sont allées jusqu'à fermer l’espace aérien du pays aux avions miliaires français), il semble que le brouillard se soit dissipé. La visite de Jean-Yves Le Drian est un signe de reprise de dialogue. Son entretien avec  Abdelmadjid Tebboune est aussi révélateur d'une volonté de dépasser « les malentendus ».

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« Ce déplacement a pour double objectif de renouer une relation de confiance entre nos deux pays, marquée par le respect de la souveraineté de chacun, mais aussi de regarder vers l’avenir pour travailler à la relance et à l’approfondissement de notre partenariat qui est indispensable […] la France et l’Algérie ont des liens profonds animés par la densité des relations humaines entre Algériens et Français, et ancrés dans une Histoire complexe », a déclaré le ministre français. Une déclaration qui inclut « le respect de la souveraineté de chacun » et qui sonne comme une réponse aux conditions de Abdelmadjid Tebboune.

Une reprise timide des relations entre franco-algériennes

Cependant, il faut dire que la reprise des relations est un peu timide, de l’aveu de Jean-Yves Le Drian. Ce dernier reconnait que « les deux parties ont convenu de reprendre certains axes de la coopération bilatérale, qui se traduira par la reprise d'un dialogue opérationnel entre partenaires sur les questions humaines et migratoires, et aussi par la reprise d'un dialogue opérationnel sur la lutte contre le terrorisme et par [les] efforts communs pour assurer la sécurité [des] deux pays ». Le Drian avoue son « souhait que le dialogue […] puisse conduire à une reprise des échanges politiques entre [les] deux gouvernements en 2022 ».

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Ces déclaration révèlent donc que même si le dialogue est renoué, il n'est pas encore temps de crier victoire. Les divergences entre les deux pays restent à assainir, surtout que le climat géopolitique de la région exige des positions clairs. Dans ce contexte, la France est entre le bâton algérien et l'enclume marocaine. Une situation peu confortable pour cette puissance qui, par le passé, a su composer entre ses deux pays pour sauvegarder ses intérêts.