La question de la mémoire constitue l'un des sujets de discorde entre l'Algérie et France. Le passé colonial français en Algérie revient souvent dans le débat, notamment depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron à l'Élysée. Ce dernier multiplie en effet des gestes allant dans le sens de la glorification de la présence française en Algérie, mais aussi pour dénoncer les « crimes » commis par les Français durant cette période.

Se voulant le chantre de l'apaisement avec l'Algérie sur la question de la mémoire, le président français Emmanuel Macron a confié, en juillet 2020, à l'historien Benjamin Stora, spécialiste de l'Algérie, la rédaction d'un rapport sur les questions mémorielles portant sur la colonisation et la Guerre d'Algérie. Ce rapport, remis à l'Élysée au mois de janvier 2021, énonce plusieurs recommandations pour avancer sur un chemin d'apaisement et de reconnaissance de toutes les mémoires entre la France et l'Algérie.

Une statuette à l'effigie de l'Émir Abdelkader sera inaugurée le 5 février à Amboise

C'est dans le sillage de ce rapport que l'Élysée a décidé de rendre hommage à l'un des symboles algériens durant le début de la colonisation française. Il s'agit de l'Émir Abdelkader, chef de guerre qui avait lutté contre la présence coloniale française en Algérie avant qu'il n'abdique en 1847 et se voit ensuite détenu en France en compagnie de sa famille.

L'hommage de l'Élysée consiste en la réalisation d'une statuette à l'effigie de l'Émir Abdelkader dans la ville d'Amboise en France. Une ville dans laquelle l'Émir a été détenu en 1848 au lendemain de sa reddition, avant qu'il ne soit expulsé, sur sa demande, vers la Syrie. Cette statuette en hommage à l'Émir Abdelkader, « ce modèle de tolérance, érigé en symbole de réconciliation », sera inaugurée le jeudi 5 février 2022 à Amboise sur les bords de Loire.

Cette statuette de l'Émir Abdelkader, réalisée par le sculpteur Michel Audiard et qui a coûté 35 000 euros, est financée en grand partie par des subventions de l'Élysée, rapporte le journal français La Nouvelle République, qui explique que pour la réalisation de son œuvre, Michel Audiard s'est inspiré d'un portrait en pied de l'Émir Abdelkader issue du fond de la Bibliothèque nationale de France.