Le ministre italien des Affaires étrangères, Luigi Di Maio, se trouve, ce lundi 28 février, à Alger pour discuter de la question de l'approvisionnement de l'Europe en gaz. Cette visite, qui intervient 4 jours après le déclenchement de l'opération militaire russe en Ukraine, vise à obtenir une augmentation de la livraison du gaz algérien, comme le ministre l'a précisé dans un tweet.

Décidément, l'Italie – et à travers elle, l'Europe – se tourne vers l'Algérie pour compenser une éventuelle baisse des livraisons russes en gaz. Le pays de Poutine fournit le tiers de la consommation européenne en gaz et la guerre en Ukraine risque de remettre en cause cette donne. Et c'est ce qui explique visiblement la visite de Di Maio en Algérie.

« Je viens d'arriver à Alger pour rencontrer mon homologue et les plus hauts responsables algériens », a en effet tweeté le chef de la diplomatie italienne, qui évoque clairement la question de la sécurité énergétique européenne comme ordre du jour de sa visite. « Nous discuterons du renforcement de la coopération bilatérale, en particulier pour répondre aux besoins en matière de sécurité énergétique européenne, à la lumière du conflit en Ukraine », a-t-il poursuivi dans son tweet.

Le PDG d'ENI dans la délégation ministérielle italienne

Claudio Descalzi, le PDG du groupe italien des hydrocarbures, ENI, fait partie de la délégation ayant accompagné Luigi Di Maio vers la capitale algérienne. L'ENI est très présente en Algérie et est partenaire de Sonatrach dans plusieurs projets dans le sud du pays. Partenariat qui permet d'acheminer du gaz notamment via le gazoduc Trans-Méditerranée reliant l'Algérie à l'Italie.

Selon un article de l'AFP, le PDG de la société algérienne des hydrocarbures, Toufik Hakkar, a fait savoir que la Sonatrach était « un fournisseur fiable de gaz pour le marché européen et [était] disposée à soutenir ses partenaires de long terme en cas de situations difficiles ». Il n'oublie pas de rappeler que l'Algérie est un partenaire naturel de l'Europe, qui consomme 11 % de son gaz de l'Algérie.

À la lumière de l'invasion russe en Ukraine, l'Italie entend réduire rapidement sa dépendance au gaz russe, en diversifiant notamment ses sources d'énergie. Les hautes autorités italiennes l'ont déclaré clairement au lendemain du déclenchement de la guerre en Ukraine. Surtout que l'Italie reste l'un des pays européens les plus dépendants du gaz russe, avec 45 % de son gaz importé du pays de Poutine. Le chef du gouvernement italien, Mario Draghi, a fait savoir que son pays pourrait augmenter ses livraisons de gaz d'Algérie, de Tunisie, de Libye et de l'Azerbaïdjan.