Condamné en première instance à 6 ans de prisons ferme en juillet 2021, le journaliste marocain Omar Radi, également défenseur des droits de l'Homme, risque de voir sa peine aggravée. En effet, en appel le 1er mars, le parquet marocain a requis la peine maximale de 10 ans de prison ferme.

Décidément, la liberté d'expression subit coups sur coups en Afrique du Nord. Au Maroc, les journalistes continuent de subit la répression du régime en place. Le journaliste Omar Radi est le symbole de cet acharnement judiciaire.

Âgé de 35 ans, Omar Radi est placé en détention provisoire depuis juillet 2020. Il est poursuivi dans 2 affaires ; la permière est liée à l'espionnage, où il est accusé d'« atteinte à la sécurité intérieure de l'État » et d'avoir reçu des « financements étrangers » en lien avec « des services de renseignement ».

Omar Radi accusé d'espionnage et de viol

Lors de son procès en appel, le ministère public « réclame la peine maximale contre l'accusé au regard des éléments à charge », a indiqué son représentant devant la cour d'appel de Casablanca. Selon le procureur, Omar Radi a rencontré des représentants diplomatiques néerlandais – présentés par le parquet comme des « officiers de renseignement », ce qui, à ses yeux, « prouve la culpabilité » du journaliste. Omar Radi, de son côté, a réfuté ces allégations. Le journaliste est également accusé d'avoir « fourni des informations de l'ordre de l'espionnage » à deux sociétés de conseil économique britanniques.

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Omar Radi a affirmé avoir réalisé « des audits de vérification » pour ces deux cabinets britanniques, mais il a assuré n'avoir fait que son travail de journaliste en s'appuyant sur des données ouvertes au public. Quant à l'accusation d'avoir reçu un financement étranger, le journaliste a explique qu'il s'agit d'une bourse que lui a octroyée la fondation philanthropique « Bertha », basée à Genève.

Le journaliste est aussi poursuivi dans une autre affaire. Une ex-collègue du journaliste a réaffirmé avoir été « victime de viol » durant son audition tenue à huis clos. Quant à Omar Radi, il a expliqué qu'il s'agit de « relations librement consenties ». Les avocats du journaliste ont indiqué que cette double affaire « est dénuée de faits incriminants » et ont réclamé que le journaliste soit « innocenté ».

Il faut dire que les société civile et plusieurs ONG ont dénoncé ce procès pour atteinte à la liberté d'expression des journalistes, considérant ce procès comme une vengeance des autorités marocaine après un rapport d'Amnesty International. D'autres militants et défenseurs des droits de l'Homme affirment qu'il s'agit d'une « violation des droits humains » et une « atteinte à la liberté d'expression » au Maroc.